Le « Parlement des Religions du Monde »

Normand Laperle
Lévis

Du 15 au 19 octobre 2015, 10 000 personnes, de 80 pays, et de 50 religions différentes ont convergé vers Salt Lake City, dans l’état d’Utah aux États-Unis pour assister au Parlement des religions du monde, le plus grand événement mondial du genre à promouvoir le dialogue interreligieux.

J’y étais, mais je n’étais pas seul. Il y avait environ 50 lecteurs du « Livre d’Urantia« , dont environ 5 du Québec. Comme vous avez pu le lire dans l’article de Line St-Pierre dans ce Réflectivité, une journée entièrement a été dédiée pour entendre ce que les femmes avaient à dire sur les thèmes du Parlement. Bravo pour cette initiative. C’est un pas de plus dans la bonne direction.

Le but de cette rencontre interreligieux n’était pas d’aplanir les croyances entre les différentes religions, mais plutôt de dialoguer sur les problèmes qui affligent notre planète à l’heure actuelle.

Les thèmes choisis pour ce congrès sont : les inégalités économiques, les questions climatiques et environnementales, la guerre, la violence et les discours de haine.

Plusieurs personnes de marque, connues mondialement, se sont adressées aux participants, dont le Dallai Lama, le petit-fils de Gandhi, le fils de Nelson Mandala, Al Gore (ancien vice-président des États-Unis), l’Imam responsable de la grande mosquée de La Mecque, plusieurs journalistes et écrivains très connus dans leur pays respectif. Il y avait, en tout, environ 1800 présentateurs.

Je vous transcris ici les nombreux commentaires que les journalistes des journaux locaux de Salt Lake City ont recueillis auprès des participants à ce congrès. « Je sens qu’il y a un sentiment de solidarité intense qui flotte dans l’air »; « Le monde serait probablement différent sans les gens qu’on rencontre ici »; « Il y a deux mots clefs qui reviennent continuellement dans ce congrès : aider et partager »; « Il me semble qu’au moment de notre présence ici même, nous réalisons tous que nous ne formons qu’une seule humanité et que nous croyons tous en un seul Dieu »; « Non seulement nous nous rendons compte des bonnes choses de notre propre religion et notre façon d’adorer, mais nous voyons aussi comment les autres religions arrivent à faire la même chose »; « Il nous faut tous apprendre comment bâtir un pont entre chacun de nous, et de s’arranger pour que cette édification fonctionne correctement »; « Nous travaillons à devenir, lentement, les êtres humains dont nous avons été créés pour devenir » ; « Lorsque nous nous haïssons, ou que nous permettons à la haine de s’installer dans nos congrégations, nous ne faisons que renforcer l’idée, aux générations à venir, que la religion n’a aucune valeur. Il faut leur montrer que la religion à une valeur, que Dieux à de la valeur, et que les extrémistes qui agissent au nom de la religion ne sont pas guidés par la lumière mais plutôt aveuglés par cette même lumière. »; « Il faut faire attention à ce qu’il n’arrive pas, envers les musulmans, la même chose qui est arrivée, dans le passé, envers les juifs, les catholiques et d’autres minorités religieuses dans certains pays »; « Ce qui se passe actuellement sur notre planète en rapport avec les musulmans est non seulement une menace pour les musulmans, mais aussi pour d’autres religions »; « C’est agréable de nous voir partager nos différences et de voir en même temps que nous n’en faisons pas une pierre d’achoppement à nous rencontrer »; « Nous avons tous entendu parler de l’industrie de la haine. Il nous faut créer l’industrie de l’amour »; « Même si chacun a des croyances différentes, l’amour à l’intérieur est le même pour tous. »

Mot de la fin

Le « Livre d’Urantia » nous dit : « L’évolution est peut-être lente, mais elle est infailliblement efficace. » (86, 7, 6; 957, 2). Avec un peu de recul, en regardant tous ce qu’il se passe sur notre planète, on arrive à voir la progression de l’humanité dans le temps et même à voir dans cette progression une beauté.

À une époque pas très lointaine, il était très mal vu, même ici dans notre petit coin du monde, de s’assoir avec des gens d’une autre religion et d’engager un dialogue pour s’informer de leurs traditions et de développer une relation personnelle qui transcenderait nos barrières religieuses. Aujourd’hui, dans certaines parties du monde, ce type de rencontre est encore interdit. Ce Parlement prouve qu’un changement est en court. On peut y voir la pointe de l’iceberg qui avance.

Individuellement, que pouvons-nous faire pour contribuer à cette progression ? Durant mon assistance à une chorale du « Mormon Tabernacle Chior » (Chorale mormon, de réputation mondiale), il m’est venu l’analogie suivante : « Dans une chorale, la voix d’une seule personne a moins de portée que lorsque cette même voix est jointe à celle de la chorale tout entière. Sa portée devient ainsi autrement plus puissante. » Le « Livre d’Urantia » nous incite fortement à s’unir pour travailler les uns avec les autres (pas contre les autres). « L’une des plus importantes leçons à apprendre pendant votre carrière mortelle est celle du travail en équipe. » (28:5.14; p.312:1)

Ce qu’on appelle « le royaume », ce n’est pas un endroit, c’est une communauté de gens (d’âmes) engagés dans une même direction — Dieu (origine, source et centre de tout ce qui existe). Cette mouvance, ce mouvement de la « personne », le fait d’aller dans cette direction-là, c’est ça de la spiritualité — pure. Autrement dit, nous répondons tous, naturellement, à l’attraction de la « gravité spirituelle » du Fils éternel. Et l’Ajusteur intérieur pousse dans la même direction. C’est sur cette base que je vois s’accomplir l’union de toute l’humanité sur la terre.

Nous ne pouvons avancer seul dans l’univers. À partir de ce constat évident, il n’y a qu’un pas de plus à faire pour arriver à l’amour. Servir — c’est aimer.

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