L’humilité

Réal Demers
Laval

« Là où il y a humilité, il n’y a plus d’humiliation » (« En parlant d’Épictète », par Jacques Sénéchal, dans Le bonheur philosophe). En effet, au milieu de l’incompréhension des autres, tu sais que ces derniers ne peuvent t’atteindre avec leur attitude égoïste si la bonté en toi est plus que suffisante pour contrer leurs assauts.

Si les autres nous blessent en critiquant l’image que nous voulons que les autres aient de nous-mêmes c’est que nous tenons à cette image. Quand on n’a pas d’orgueil, on ne peut être blessé dans son orgueil, nous dit Krisnamurti. Il en est de même quand on a tout donné, on ne peut rien nous prendre de plus. Il s’agit là d’un idéal de vie; il ne faut pas désespérer si on ne peut s’y installer complètement. Il est cependant bon de savoir que le bonheur est d’autant plus grand qu’on approche de cet idéal. « Quand on se prive de tout, on finit par ne manquer de rien » selon un de mes beaux-frères.

Quand on sait que la vie n’est pas vraiment remplie que par le don de soi, on ne perd plus de temps à rechercher ailleurs des satisfactions passagères. En effet, chercher des consolations auprès des personnes qui nous entourent, risque souvent de n’apporter que déceptions, car la vraie consolation en nous arrive que lorsque nous consolons les autres. On peut alors comparer nos états d’âme à un puits qui déborde, parce que pour déborder, un puits doit d’abord être plein, et seule cette plénitude fait que l’eau est en abondance, assez pour en donner à qui en veut sans risquer d’en manquer.

Pendant qu’on console les autres, on sent la consolation qui s’installe en nous, venant de l’Esprit divin qui nous inonde de son amour et par nous, déborde vers les autres qui ne sont pas encore conscients de cette richesse intérieure qui se trouve en chacun d’eux. Cet Esprit divin, se sentant temporairement incapable d’envahir les autres par l’intérieur, passe par nous pour voler vers eux qu’il ne peut atteindre autrement et nous laisse ce doux sentiment de faire du bien autour de soi. En effet, c’est la conscience de la grandeur de son âme qui nous permet d’accepter les tâches de services les plus humbles sans se plaindre de ne pas en obtenir de notoriété ou de reconnaissance de la part des autres.

Laisser un commentaire