Mot du Président…

Maurice Migneault

Président AUQ

urantiamaurice@gmail.com

 

Une nouvelle année approche ; nous pouvons mettre l’emphase sur celle qui se termine ou celle qui s’annonce, c’est le choix de chacun. Nous pouvons réfléchir à ce que nous avons accompli ou à ce qui nous reste à faire, c’est le choix de chacun. Pour ma part, je passe très peu de temps à regarder les sillons que le navire laisse derrière. Je préfère la vision qu’offre la proue du voilier. Je pourrais toujours tenter de faire marche arrière, mais jamais je ne pourrai naviguer dans les mêmes eaux, car tout est en mouvement. L’important est d’ouvrir sa voilure aux vents lorsqu’ils se présentent. Le 4 février prochain, lors de notre Assemblée générale annuelle, mon mandat à la présidence de l’AUQ prendra fin. Malheureusement, pour cause de disponibilité personnelle à venir, je ne pourrai me représenter. Il est important de bien mesurer ses engagements pour s’assurer de les mener à terme. D’autre part, il est également important de profiter de chaque opportunité de servir, car elles se présentent rarement deux fois. C’est pourquoi je vous enjoins de vous porter volontaire, d’offrir vos services pour le bon fonctionnement de votre association, vous y vivrez des expériences d’une grande richesse. Il n’est pas nécessaire de signer un contrat à vie pour bien servir, la continuité peut également s’exprimer dans la diversité « La personnalité est la continuité dans le changement ». Je vous souhaite à tous santé et spiritualité, et nombre d’amitiés pour en faire le partage.

 

 

 

 

Mot du président…

Maurice Migneault
urantiamaurice@gmail.com

Le 16 octobre dernier se tenait à Drummondville, notre dernière Thématique de l’année dont le thème était « Le Service ». En dépit d’une participation moins nombreuse qu’à l’habitude, cette rencontre fut l’une des plus intéressante et vivante. Conrad Lavallée, lecteur de l’Outaouais, fit une présentation des plus appréciée sur les différents niveaux de service.

En après-midi, de nombreux et vibrant témoignages complétèrent cette enrichissante rencontre.

Un gros merci à tous les participants ainsi qu’à ceux qui auraient aimé participer, mais qui étaient sûrement eux-mêmes à ce moment, dans le service.

Une culture Urantienne!

Jean-Claude Lafrenière
Saint-André-Avellin, QC

[Durant la thématique à Drummondville du 14 mai 2016, Jean-Claude nous a chanté ses compositions personnelles inspirées du « Livre d’Urantia ».

Ses compositions antérieurs ont paru dans les Réflectivité suivants : #296, juin ; #297, juillet ; #298, sept et #299, oct. 2016]

Une nuit, je me surprends à fredonner un air quelconque, et des mots se rapportant au « Livre d’Urantia » s’y glissent agréablement.

Je me lève pour noter le flot de mots qui s’intègre naturellement à l’air de musique que j’ai en tête.

Les textes reposants sur des airs connus, ou à peu près, permettrait à chacun chacune de les chanter, de se les approprier.

Voici donc ma prochaine composition :

Quoi de plus approprié, pour raconter l’histoire merveilleuse de la transmission des textes de la 5e Révélation d’époque que de prendre pour support mélodique, le bel et flamboyant « Hymne national américain ».

  1. Situation de lieu : Chicago
  2. Climat linguistique anglophone : USA (Prononcé à l’anglaise : You, Ess, ay).
  3. Situation dans le temps : début 19xx.
  4. Le décor : dans une maison quelconque, on imagine facilement un groupe en discussion, activité plus ou moins sociale, mais avec thèmes très élevés, proposés.
  5. C’est dans ce terreau très prometteur, que les Révélateurs proposent les textes, « à étudier pour améliorer leur bonne compréhension ».
  6. Le ton mélodique mélodramatique du paragraphe suivant m’invite tout naturellement à y mettre le paquet. Des mots tels que valeur, fascicules, ardeur, mission, tout cela me semble bien approprié.
  7. Et la simple conclusion qui en découle : l’édition ; et la finale, rappelant le contenu de l’hymne national de la France : « Former vos bataillons… », et ajouté, la prescription des Révélateurs de former des groupes de lecture et d’étude avec l’expression « bataillons de lecteurs ».

Sur l’air de :
« Hymne national américain »

Titre : La transmission

Chicago, USA. / Début du vingtième siècle,
Un groupe, le dimanche / s’assemblait pour discuter.
Un beau jour ils amènent / des textes à étudier,
Pour améliorer / leur bonne compréhension.
Ils vivent toute la valeur / de ces riches fascicules,
Et avec grand’ardeur / poursuivent leur mission.
Plus tard il leur fut permis / d’en tirer une 1e édition,
Et puis l’ordre de former / des bataillons de lecteurs.

Saviez-vous que ?

Devenir membre en règle de l’Association Urantia du Québec (AUQ) est totalement volontaire.

Il y a trois avantages à être membre en règle de L’AUQ :

  1. En étant membre en règle, vous avez une influence directe sur l’orientation de l’Association par le biais de votre vote lors des Assemblées générales.
  2. Vous avez l’opportunité de vous impliquer plus activement en faisant partie du Conseil d’administration ou en devenant responsable d’un comité.
  3. L’adhésion à notre Association locale vous octroie de facto, celle de l’Association Urantia Internationale (AUI).

Membres et non-membres ont droit aux mêmes activités organisées par les différents comités, mêmes tarifs (s’il y en a), et mêmes privilèges.

Il en est ainsi depuis la création de l’AUQ en juillet 1997.

Nous satisfaisons ainsi ceux qui ne sont pas à l’aise à payer leur cotisation, et, ceux qui par leur apport en devenant membre en règle, désirent contribuer à la mission du « Livre d’Urantia » et celle de l’AUQ.

Cependant, la raison principale pour devenir membre en règle de l’Association est d’avoir l’opportunité de servir.

Aimer c’est servir
Association Urantia du Québec

Citations…

« La religion grecque avait un mot de passe : “ Connais-toi toi-même ”.

Les Hébreux centraient leur enseignement sur “ Connaissez votre Dieu ”.

Les chrétiens prêchent un évangile visant à “ la connaissance du Seigneur Jésus-Christ ”.

Jésus proclama la bonne nouvelle “ Connaissez Dieu et connaissez-vous vous-même comme Fils de Dieu ” »

Fasc. 5:4.8 (p.67.6)

Ma traversée du désert avec le Livre d’Urantia (1e/2)

Gilles Brien
Laval

J’avais pensé à un autre titre. « Mon chemin de croix avec le Livre d’Urantia » aurait fait l’affaire aussi. Mais j’aime bien l’image de la traversée d’un désert pour illustrer mon parcours avec le LU. Un désert peut être un endroit plein de vie. En tout cas, c’est un endroit plein de défis. Au début, on est jeune, on est plein d’énergie, on fonce, même si le désert devant nous ne nous fait pas peur. On croit que le seul fait d’apporter le Livre à quelqu’un suffira pour les convaincre. On est certain que la Vérité parlera pour elle-même. Mais la Vérité est comme un mirage. La Vérité a aussi la fâcheuse habitude de déplaire aux gens quand elle se présente toute nue. On préfère la couvrir. Mais je m’écarte. Ce que je veux dire, c’est que la mission importante et inconsciente que plusieurs mènent au quotidien pour faire découvrir à leurs frères et sœurs le LU est une tâche aussi colossale et désespérante que de traverser un désert. On dit que Moise et son peuple ont tourné en rond 40 ans dans le désert avant de trouver leur chemin. Pour ma part, cette année marque mes 40 ans comme lecteur et je n’ai pas encore trouvé la voie de sortie. Non pas que je tourne en rond. Mais la direction que j’ai prise depuis longtemps ne me laisse pas le choix. Il n’y a plus de demi-tour possible. Comme le dit l’auteur Paulo Coelho : « Celui qui s’engage dans le désert ne peut revenir sur ses pas. Et quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure manière d’aller de l’avant. »

J’ai passé par tous les arrêts possibles sur la route du lecteur d’Urantia. Au premier arrêt, après une première lecture, on se dit « Wow ! ». Puis on range le livre et on passe à autre chose. Je me rappelle des premières années. J’ai offert le livre à des prêtres, des collègues, des profs d’université ! J’essayais de convaincre tout le monde. J’ai même offert le livre à ma belle-mère à mon mariage ! Je partageais alors les mêmes sentiments d’effervescence naïve et de certitude que les membres du forum en 1955 lorsque le livre a été publié. Des exemplaires de la 5e Révélation avaient été alors expédiés à des institutions célèbres comme le Vatican et la Bibliothèque du Congrès. On croyait que le Livre suffirait à établir sa propre véracité dans le cœur de celui qui le lirait et que POUF ! la lumière se ferait ! Puis avec les années, les mirages disparaissent. Beaucoup de lecteurs passionnés vont oublier le livre et passer à d’autres courants spirituels. Au bout de 5, 10 ou 15 ans, poussé par les épreuves de la vie, on se remet à prier, à chercher. C’est parfois chez plusieurs le moment d’un réveil spirituel. C’est aussi souvent le moment où, curieusement, le livre refait son apparition. C’est le deuxième arrêt. On bouge. On commence à s’engager. On change.

[…suite et fin, à venir dans le prochain Réflectivité…]

Vous faites partie de la communauté!

Normand Laperle
Lévis

J’aimerais souligner le fait que vous lisez présentement la 300e édition du Réflectivité.

Le premier Réflectivité — « Volume 1, No 1 » — a été publié en novembre 1982. Le premier article s’appelait « L’heure est venue ». C’était signé par Guy Hévey. On publiait trois fois par année : automne, hivers, et printemps.

« Dans ce temps-là… », comme on dit, les ordinateurs commençaient à peine. Il n’y avait pas d’internet public. Il n’y avait pas encore de disque rigide. On devait changer de « disquettes » à chaque instant pour continuer à travailler.

On pourrait penser que ces gens se sentaient à l’étroit, qu’ils étaient courageux de vivre avec si peu. Mais, en réalité, ils se considéraient à la fine pointe de la technologie. Fini les dactylos. On pouvait devenir notre propre maison d’édition. De là le Réflectivité. Ils se voyaient chanceux et privilégiés de vivre ces moments « palpitants ».

En 1982, Emma Christensen est décédée. Elle avait 92 ans. Elle était la dernière personne à avoir fait partie du « groupe de contact » — les six témoins directement en contact avec le dormeur, — au temps de l’arrivée du « Livre d’Urantia ».

« L’association Urantia » n’existait pas encore à ce moment-là. Il n’y avait que la Fondation d’Urantia et le Brotherhood (qui changera plus tard pour le Fellowship).

La toute première traduction du « Livre d’Urantia » original a été faite en français. Elle est sortie en 1963 sous le nom de « Cosmogonie d’Urantia ». Elle était faite en trois volumes. C’était un « format » non autorisé par la Fondation, et c’est en 1982 que la première version française, en un seul volume (version autorisée), est sortie.

Les lecteurs du « Livre d’Urantia » avaient l’impression très forte d’être dans les touts débuts d’une ère nouvelle.  

Plusieurs choses se sont passées depuis ce temps-là. En réfléchissant au chemin parcouru, on se demande ce que l’avenir nous réserve. Le futur reste à construire. Ce qu’il contiendra dépend de nous.

*****

Il y a une différence entre désir et volonté. Tant que ça reste un désir, rien n’est réel, rien ne s’actualise. Le désir, c’est un vouloir qui n’est pas encore accompli, pas encore mis en action. Dès que « le désir se met en action », il devient une « volonté », quelque chose d’actualisé, quelque chose d’accompli, de réel, qui existe, qui « est ».

Que voulons-nous « être » ? Que voulons-nous « devenir » ? La réponse à ces questions dépend de nos choix, de ce que nous allons décider de mettre en action. Tout part de notre vouloir, notre volonté.

Il existe une communauté de lecteurs du « Livre d’Urantia » « typiquement québécoise » ; et le bulletin Réflectivité en est le témoin, le reflet, la réflexion, la réflectivité.

Les articles qui meublent le Réflectivité sont les nôtres. Elles témoignent de ce que nous sommes et devenons à travers le temps.

Depuis les débuts de cette communauté, certains changements se sont faits dans la conscience des lecteurs. Ces changements sont encore en évolution en ce moment même.

En lisant les anciens bulletins, on peut déceler certains de ces changements. On voit la personne (en général) passer de « lecteur » à « étudiant », à la personne qui « accepte » les nouveaux concepts, à la personne qui « amorce » une transformation intérieure, à la personne qui « vie » les enseignements du « Livre d’Urantia ». Le verbe a suivi une transformation pour en arriver à s’accomplir. Le désir s’est mis en action. Le désir est devenu un « je veux ». Une nouvelle réalité apparait, émerge. Je suis — ce que « je veux » être. Tout part du « je » qui « veut ». Le « je » s’actualise par le « veux ».

Pour aller au bout de cette séquence, il faut ajouter qu’il en résulte un « moi mental » et un « moi spirituel » (l’âme). On comprend que tout part de « ce que je veux être — et devenir — en tant que personne, consciente d’elle-même. »

*****

Je me suis étendu assez large. J’ai fait de gros détours et toutes sortes de contorsions dans mes propos. C’était « un plaisir » d’échanger et de partager avec vous.

J’aimerais conclure en disant, n’hésitez pas à écrire des articles dans le Réflectivité, peu importe son contenu. Faites un petit geste vers nous. Nous voulons vous connaitre. Faites-vous voir. — Vous faites partie de la communauté.

Le passage de Cathy Jones

Gaétan G. Charland
Ste-Sophie

Cathy Jones, un véritable exemple d’engagement et de service nous a quitté. Elle fut cofondatrice de l’International Urantia Association et son premier directeur. Cathy est décédée le samedi 17 septembre à l’âge de 91 ans, suite à des complications causées par une chute lui ayant brisé la hanche lors de son arrivée en Chine pour y vivre avec son petit-fils. Elle fut rapatriée chez elle en Arizona où elle a rendu l’âme aux bons soins de son ange.

Un service commémoratif sera célébré le lundi 10 octobre au Cimetière Veterans Memorial en Arizona. Il y aura une cérémonie de célébration de sa vie ou les témoignages d’amis et de collaborateurs y seront lus.

Pour vous qui l’avez connue et qui désirez participer à l’éloge de sa vie qui sera lu lors de cette cérémonie, faites-moi parvenir votre témoignage à gaetan.g.charland@gmail.com

[N.D.L.R. : Un erreur s’est produit dans la publication de cet article. Il aurait du paraitre dans le Réflectivité d’octobre.

Si vous voulez en savoir plus sur Cathy Jones, une « Édition spécial » du Tidings (présentement en anglais, prochainement en français) est sortie le 18 octobre 2016, en hommage à sa contribution personnelle à la cause du « Livre d’Urantia ».]

« L’amitié avec Dieu »

Paul-Yvan Deléglise
L’Ancienne Lorette

Bien avant la parution récente de Réflectivité (#299 d’octobre), vous aviez signalé la possibilité d’accès sur internet à un petit volume : « L’amitié avec Dieu » Roberte et moi, nous avons lu d’un seul trait les réflexions, qui y sont contenues, sur la prière et l’adoration.

Cette lecture nous a aidés grandement à mettre en pratique ce que tente de nous enseigner sur ces sujets le vaste Urantia.

Un texte magnifique de Peter Holly paru, dans : Le JOURNAL, Vol 20, no 1, fasc. 2013, p.1-12, avait déjà retenu notre attention, mais notre pratique de la prière et de l’adoration a été grandement alimentée par les textes simples et touchants contenus dans « L’amitié avec Dieu »

Merci à l’AUQ pour votre démarche, merci pour avoir réussi à ce que soit mis à la disposition de quiconque cette magnifique invitation au contact avec Dieu par la prière et l’adoration !

Mot du président

Maurice Migneault
urantiamaurice@gmail.com

Le présent est à toi

Il vous est sûrement arrivé de regretter le « bon vieux temps », la vigueur de la jeunesse passée ou les moments de vibrante passion. Il vous arrive sûrement d’être en désaccord avec nos choix de société tout en gardant votre façon d’agir. Il vous arrive sûrement de remettre à plus tard des projets, de reporter des actions ou des tâches à faire. Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls. Est-ce une mauvaise attitude ? Pas du tout, ce n’est que le cours naturel des choses. Mais comment s’inscrit la Cinquième Révélation d’époque dans ce contexte humain ?

Elle nous apporte de grandes connaissances sur nos origines et la richesse de notre histoire. Si chaque génération devait réinventer la roue, la marche de l’humanité pour le progrès social et spirituel se ferait d’un pas bien lent. Pour maintenir une croissance constante, on se doit de garder que ce qui a le plus de valeur et laisser derrière les choses obsolètes tout comme l’a fait Jésus par son aversion pour les dogmes et les rituels sans valeur. Par son implication sociale, il nous apporta des exemples pratiques sur la façon de gérer notre quotidien, notre présent, pour en tirer des expériences valables pour nous et nos frères.

Oui, le présent est à nous, même éphémère et transitoire. Mais si nous attendons la veille de notre départ pour semer le sac de grain que nous avons reçu à notre arrivée ; il sera trop tard. Dans ce présent qui nous appartient, avons-nous déjà épuisé toutes nos ressources, est-ce que nous utilisons bien les opportunités qui nous sont offertes d’aider nos frères, d’apporter notre contribution, implication et ressources pour la diffusion de cette grande Révélation ? Est-ce que nous pouvons en faire un peu plus, même un tout petit peu plus ? Nous n’aurons jamais la chance de revenir pour reprendre le temps perdu. C’est à nous de faire de ce présent un trésor de croissance.

Troisième lettre …

Réal Demers
Laval

[La 1er : « lettre d’amour d’un grand-papa à ses enfants et à ses petits-enfants devenus grands » est parue dans le Réflectivité #297, juillet 2016 ; La 2e : dans le Réflectivité #298, septembre 2016]

Le « Château de l’oiseau blanc », caché au fond d’une vallée, au milieu des neiges éternelles, parmi les plus hautes montagnes, joue à cache-cache avec ceux qui le cherchent. La pureté de l’air qu’on y respire récompense l’effort de l’avoir cherché, mais comme un mirage, il est toujours caché derrière une crête que nous n’avons pas encore contournée.

Puisque personne ne l’a jamais vu, toutes les hypothèses sont encore valides. On peut lui donner la splendeur qu’on veut ; il peut ainsi servir de modèle aux pâles réalisations qu’on en fait, belles tant qu’on ne les a pas complètement bâties, bien limitées dès qu’on déclare les avoir terminées. C’est toujours la partie inachevée qui donne de la beauté à l’ensemble.

Tout rêve est plus grand que sa réalisation, mais, sans rêve, il n’y a aucune réalisation. C’est là la beauté de chaque être humain : il est plein de rêves et il a construit, avec le temps, quelques ébauches découlant de ses rêves, juste assez pour entrevoir ce qu’il pourra faire, plus tard, dans un temps à venir.

Ce n’est pas moi qui, le premier, ai parlé du Château de l’oiseau blanc, mais je suis emballé par ce qu’il nous fait comprendre. En raison du nombre incalculable de siècles où les humains ont rêvé, parlé de leurs rêves aux autres, réalisé en partie ce qu’ils avaient imaginé, il est bien improbable qu’à notre époque on trouve un lieu où personne n’a jamais accédé avant nous.

C’est donc avec grand plaisir que j’emprunte les sentiers des autres, quand le paysage est beau, qu’il a un aspect champêtre, qu’il me pousse au dépassement par l’effort qu’il m’impose et qu’il offre le plaisir de respirer l’air pur des hauteurs.

Les sentiers auxquels je pense offrent de nombreuses haltes, mais jamais de fin. Même s’ils ne sont pas neufs, même s’ils sont anciens au point de ne pas savoir quand ils ont été parcourus pour une première fois, le regard que j’en ai est toujours neuf. Ainsi, le sentier où partent mes pas renaît encore, neuf comme autrefois tout en gardant la variété des perceptions de ceux qui l’ont parcouru au cours des âges.

Cependant, les chemins des autres c’est beau, car cela nous évite les écueils que les autres ont contournés, mais ont ainsi confinés aux objectifs de ces derniers qu’ils ont poursuivis pour leur propre bien.

Mais, tôt ou tard, il finit par arriver que je sente le besoin d’aller où il n’y a plus de sentier, là où les hautes herbes et les fougères ne se rangent pas sur le côté pour me laisser passer. Même si les sentiers des autres sont vécus différemment par moi, ils me conduisent là où les autres avaient besoin d’aller ; il me faudra, un jour ou l’autre, m’aventurer là où personne n’est venu, au moins, là où le passage est assez ancien, là où les herbes et les fougères ont repris toute la place.

*****

Les vaines recherches incitent à chercher encore et encore, car, lorsqu’on a trouvé, on cesse de chercher. Les vaines recherches aiguisent l’imagination, fouettent l’ardeur, donnent au visage un rayonnement qui jaillit de l’intérieur et illumine le milieu ambiant. Les vaines recherches gardent notre âme jeune, même si le corps se voûte avec le temps et la peau se plisse comme l’écorce d’un vieil arbre. Les vaines recherches nous poussent à aller plus loin ; les recherches, tant qu’elles sont vaines, nous incitent à suivre le filon, à y mettre une attention accrue, à mieux nous préparer pour la suite des choses.

Finalement, la quête de sens ne se révèle qu’après avoir parfois longtemps erré, que pendant une pause que nous avons dû prendre, faute de savoir où aller. Il se peut alors que les réponses que nous cherchions dans l’agitation se révèlent à nous, à la manière d’une illumination, conscients que notre action, loin de nous y avoir conduits, nous a probablement empêchés de les recevoir. L’action nous y prépare, mais c’est sans le silence du repos que les réponses arrivent.

Cela se passe un peu à la manière de celui qui conduit son auto : pendant que les sinuosités de la route requièrent toute son attention, il ne peut, en même temps, admirer le paysage. On peut accéder à un beau paysage par la conduite en auto, mais une fois arrivé, il faut s’arrêter pour en contempler toute la beauté.

*****

Il m’est souvent arrivé de voir un oiseau blanc, est-ce l’oiseau blanc du château ? Je ne le sais pas, mais je l’espère ! Je guette ses allées et venues y cherchant une direction à prendre, mais le château demeure toujours dans le futur, dans l’imaginaire du futur.

Parfois, plusieurs jours passent sans oiseau blanc, puis le revoilà quand je ne l’attends plus : il a l’air de savoir que je le regard, il me semble que son vol est alors plus léger, qu’il effectue un ballet dans les aires justes pour que je le regarde plus longtemps.

Mais si la présence de l’oiseau blanc n’était pas une invitation à le suivre ; si, au contraire, l’oiseau blanc me révélait par sa présence que le château est ici, qu’il le voit et qu’il veut me le montrer. En effet « le Château de l’Oiseau Blanc » est invisible et inaccessible, parce que celui qui le cherche s’y trouve déjà. Comment pourrions-nous voir la maison dans laquelle nous demeurons ? Posté à la fenêtre, l’observateur découvrira un arbre, une rivière, un paysage. À l’intérieur, seuls les murs, le sol et le plafond seront visibles, mais pas le Château. « Le Château de l’Oiseau Blanc est en nous. (…) Il a toujours été là » (Cosey, 1981, dans « Kate », la 7e BD de la série Jonathan).

*****

On a souvent tendance à chercher à l’extérieur ce qui est en nous, à nous lancer dans l’action afin de mieux comprendre notre être, à courir après des plaisirs à la recherche de bonheur, à couvrir de bruits notre silence intérieur, à s’imaginer que la vie est action tandis qu’elle est d’abord être.

L’action est nécessaire au mieux vivre, mais elle ne doit jamais se substituer à la contemplation ; l’action ne prend son sens que pour mettre en œuvre ce qui a d’abord été contemplé dans la sérénité de son cœur.

Il y a un paradoxe dans le fait qu’une quête extérieure nous ramène inlassablement vers l’intérieur, que c’est dans l’agir qu’on découvre l’être. C’est le « Je pense donc je suis » de Descartes qu’on exprime chaque jour de notre vie. L’être se contemple quand on est dans un état passif réceptif. En effet, la contemplation n’est possible que dans le silence de son cœur, elle est antérieure à la pensée qui est déjà un début d’action, cette dernière étant l’ébauche d’un plan qui peut aboutir en gestes concrets de réalisation.

C’est dans l’action qu’on se révèle à soi-même et aux autres, qu’on révèle notre être, car sans être, il n’y aurait pas d’action. Mais, même si l’action révèle notre être, ce dernier reste toujours insaisissable. C’est notre château en croissance dont la splendeur est surtout due à son devenir, c’est notre forteresse inexpugnable en raison des frontières du moi, c’est notre jardin secret en gestation de la vie future qui, comme une fleur, s’épanouira en son temps.

Quand on cherche à saisir l’être, on touche à la matière par laquelle il s’exprime, mais on n’arrive pas à le saisir. C’est seulement par la contemplation qu’on peut percevoir l’être ; si on aime quelqu’un pour lui-même, on comprend cela ! Réal

Voyage en Israël, 2016

Brigitte Cave
Tahiti polynésienne

À mes très chers frères et sœurs dans l’Esprit.

Voici maintenant un mois que nous sommes rentrés de notre pèlerinage au pays de Jésus, et ce fut un voyage fabuleux, merveilleux et inoubliable. Je me sens encore vibrer dans cette belle énergie d’amour fraternel, vivifiée et remplie de gratitude. Les mots n’ont plus d’importance dans ces moments spirituels si profonds et uniques. Ce qui m’a le plus touché, c’était notre célébration de l’Anniversaire de Jésus au mont Hermon, le jour même de sa naissance, soit le 21 août qui fut un moment unique et sublime dans l’union de nos âmes. Notre Maître Jésus était réellement présent avec nous pour ce jour spécial et tout au long de notre pèlerinage, nous étions dans la paume de Sa Main, marchions sur Ses pas ainsi que sous la protection de tous nos anges bien-aimés. Il y a eu des moments très forts en émotions ou remplis de larmes de compassion et d’amour qui remplissait mon cœur. Merci Père, merci Jésus, merci à notre Divine Ministre et à notre grande famille de l’univers.

Je remercie chacun et chacune du « Jesus Team 2016 », pour tout l’amour que nous avons eu les uns envers les autres, sans oublier notre dynamique sœur et guide Diane Labrecque pour sa grande sagesse et patience envers nous, ainsi qu’à notre dévoué et bienveillant frère Gabriel Rymberg [N.D.L.R. : Résident de Nazareth, Israël. Traducteur en chef du « Livre d’Urantia » vers l’hébreu. Voir http://www.urantia.org/news/2014-07/behind-scenes-hebrew-translation-project].

Je suis rentrée chez moi à Tahiti, ressourcée et pleine de courage et de force pour accomplir avec amour la volonté de notre Père Céleste, et apprendre à nouveau de Jésus de Nazareth les plus grandes vérités que tous les mortels d’Urantia puissent jamais entendre — l’évangile vivant de la paternité de Dieu et de la fraternité des hommes.

Avec tout mon amour fraternel,

Votre sœur polynésienne dans l’Esprit

[Note du « Jesus Team 2016 » : Ce voyage, en français et en anglais, sera à nouveau offert en 2017, du 20 avril au 5 mai. Ne manquez pas cette occasion unique de vous immerger dans l’environnement même où notre Maître — Jésus Christ Micaël — a vécu. Cette expérience ne peut que vous rapprocher de Lui en vivant vous-mêmes pendant deux semaines là où Il est né et a vécu. Pour informations, contacter Diane Labrecque à dianelabrecque@sympatico.ca ou Guy Perron à guyperron3@gmail.com ]

Le livre, L’amitié avec Dieu…

Line St-Pierre
Ste-Sophie

Vous est-il déjà arrivé d’échouer une tentative de contact pour partager « Le Livre d’Urantia », sans passer pour hurluberlu ou extraterrestre ? Dans l’enthousiasme du moment on oublie de regarder l’autre et ses besoins et par un manque de raffinement et de tact on l’inonde de tout notre savoir sur Dieu, sur Jésus, sur l’univers, sur la vie après la mort sans même considérer, ni même respecter où l’autre en était rendu dans sa réflexion sur ces sujets.

Voici ma trouvaille.

En avril dernier j’ai reçu le livre « Friendship with God », et un après-midi je me suis assise pour voir ce qu’il en découlait. Après avoir tourné une page après l’autre, quatre heures plus tard, j’en avais terminé la lecture ! J’ai immédiatement pensé qu’il serait bien de le traduire en français pour partager le message réconfortant, inspirant et ennoblissant que Dieu n’est pas une légende urbaine, mais qu’Il habite bel et bien en chacun de nous et que beaucoup de personnes pourraient bénéficier de cette écriture que Kaye & Bill Cooper, — lecteurs d’Urantia de très longue date — ont pris pour partager de manière simple, leur compréhension de communiquer, de se rapprocher et de communier avec Dieu.

J’ai communiqué avec eux au Texas pour leur demander la permission de traduire le livre et à mon grand étonnement, Kaye m’a informé qu’il était déjà en français, mais qu’elle n’avait pas les fichiers français ni les coordonnées du traducteur. Après plusieurs communications et recherches, l’AUQ a mis la main sur la version française avec la bénédiction de celui qui l’avait adapté en français.

Depuis que j’étudie les enseignements du Livre d’Urantia, j’ai compris qu’il est plus favorable de prendre les gens où ils sont rendus dans leur réflexion, d’augmenter ce qu’ils en comprennent, et que l’Esprit divin qui les habite fera aussi une partie du développement.

De cette manière, j’ai envoyé le document PDF par courriel à plusieurs personnes de mon entourage, sachant qu’ils recherchent avoir une relation personnelle avec le divin et ne savent pas toujours comment s’y prendre. Une de mes sœurs m’a répondu qu’elle a fait suivre le livre à plusieurs amis qui sont en cheminement. N’est-ce pas ce qui est souhaité ? Que nous nous rapprochions de Dieu et que Dieu se rapproche de nous ? Tout doucement sans faire de bruit la révélation fait son sillon chez ces gens !

L’amitié avec Dieu et ses cent trente-sept pages se retrouvent sur le site de l’Association Urantia du Québec (http:// www.urantia-quebec.ca/), en cliquant sur le lien « Publications » et l’option « Textes des lecteurs ». Il peut être téléchargé en document PDF et vous y avez accès selon votre bon gré.

Une culture Urantienne!

Jean-Claude Lafrenière
Saint-André-Avellin, QC

[Durant la thématique à Drummondville du 14 mai 2016, Jean-Claude nous a chanté ses compositions personnelles inspirées du « Livre d’Urantia ».

À la page 3 du Réflectivité #296 de juin 2016, il nous raconte son expérience plus en détail, que je résume ici.]

Une nuit, je me surprends à fredonner un air quelconque, et des mots se rapportant au « Livre d’Urantia » s’y glissent agréablement.

Je me lève pour noter le flot de mots qui s’intègre naturellement à l’air de musique que j’ai en tête.

Les textes reposants sur des airs connus, ou à peu près, permettrait à chacun chacune de les chanter, de se les approprier.

Voici donc ma prochaine composition :

Un air me trottait obstinément en tête, sans pouvoir l’identifier. Je me rends chez un marchand de disques, et lui chuchote quelques notes. Il part aussitôt et me revient avec un disque compact : « Sospiri, de Cecilia Bartoli. C’est le premier morceau au verso. Handel : « Lascia la spina cogli la rosa », tiré de « Il Trionfo del Tiempo e del Disinganno » ». Je n’y comprends rien, mais c’est ma toune.

Voilà comment mon aventure a commencé. Une nuit, j’ai l’air en tête à nouveau, mais cette fois, des mots s’insèrent facilement sur le phrasé mélodique. Et voilà ma première composition réalisée.

Sur l’air de Handel :
« Lascia la spina cogli la rosa »
https://www.youtube.com/watch?v=ZFsK3peaGAQ

Sur l’air de Handel :
« Lascia la spina cogli la rosa »
https://www.youtube.com/watch?v=ZFsK3peaGAQ

Titre : Trois valeurs

La beauté,

La vérité,

Ainsi que la bonté,

Du Père universel ;

Trois valeurs

D’une génération future,

Prendra comme inspiration.

[Aide mélodique :       – : note blanche,

                                       * : note croche)

mi (-)      mi (*)     mi (-)
mi (-)      fa (-)       fa (*)      fa (-)
ré (-)       sol (-)      fa (*)      fa (-)       mi (-)      etc.]

Mot du rédacteur!

Normand Laperle
Lévis

Le Réflectivité est un bulletin à contribution volontaire. Nous n’avons pas de journaliste attitré qui va au-devant de la nouvelle pour la rapporter. Nous n’avons pas de spécialiste attitré pour développer et approfondir des sujets choisis. Les articles viennent de vous, de chacun de vous. C’est un concept d’affaire fragile. Mais le fait que ce concept fonctionne depuis maintenant 34 ans (depuis 1982) prouve que c’est viable.

À quoi sert un bulletin comme le Réflectivité ? Sans Réflectivité, on n’est pas loin du « chacun pour soi ». Le Réflectivité, exerce une force de cohésion : Il créer un sentiment d’appartenance et de solidarité. Il conduit à un sentiment de fraternité et d’amour.

Avec le temps, on s’aperçoit vite que, dans les profondeurs de l’être, nous parcourons tous le même chemin. La grande majorité d’entre nous allons dans la même « direction ». Tôt ou tard, nous passons tous à travers les mêmes épreuves et prises de conscience. Pour cette raison, nous avons avantage à partager ce que nous sommes avec les autres.

Le Réflectivité est un lieu de partage. Ce faisant, il est le reflet d’âme de notre communauté de lecteurs du « Livre d’Urantia ». Cette communauté évolue, elle avance. Le Réflectivité est le reflet de nos vies intérieures et spirituelles : nos quêtes de sens, nos espoirs, nos façons d’être et nos relations à Dieu.

Le « Livre d’Urantia » est un livre qui transforme des vies. Chacun de nous peut en témoigner. Il change notre façon d’être et de vivre. À partir de là, nous devenons, bien malgré nous, des modèles, des enseignants et des leaders. Nous influençons les gens autour de nous en témoignant de l’humain que nous sommes et de ce que nous vivons.

La force d’un groupe réside dans la diversité de ses ressources. Dans le partage, cette force se multiplie. Un petit geste peut parfois faire une grande différence. Nous avons besoin de vos partages.

Prochaine thématique…

Normand Laperle
Lévis

Commencez déjà à vous préparer pour la prochaine thématique qui aura lieu le dimanche 16 octobre 2016, à Drummondville. Le thème sera « Le service ».

Êtes-vous à l’aise avec ce thème ? Si je vous demandais d’écrire un article pour le Réflectivité sur le sujet, comment le développeriez-vous ? Ou encore, si je vous demandais de préparer un petit discourt de 10 à 15 minutes sur le sujet, de quoi parleriez-vous ?

Faites l’exercice. Mettez-vous devant une page blanche… et n’écrivez que les points à développer. Je ne vous demande pas d’écrire un article ni de préparer un discours pour vrai, mais en faisan cet exercice vous allez découvrir ou vous en êtes personnellement par rapport à ce thème. Lorsque vous viendrez à la thématique, vous aurez un bout de chemin de fait. Vous allez avoir des idées à partager. Vous allez être beaucoup plus attentif et réceptif à ce que les autres partageront, et ainsi enrichir notre perception.

Chaque personne a un « parcourt » de vie différent et unique ; de ce fait, le « partage » de chaque personne l’est aussi.

Venez partager avec nous, votre personne.

Deuxième lettre : « Le don de soi en guise de cadeau »

Réal Demers
Laval

[Suite de : « Première lettre d’amour d’un grand-papa à ses enfants et à ses petits-enfants devenus grands » paru dans le Réflectivité #297, juillet 2016]

Dans une première lettre, je t’ai expliqué que mon propos s’adresse à chaque personne qui en fait la lecture en raison de ce lien fraternel qui nous relie tous à l’Être infini, la Cause sans cause, le Père de tous les pères et même si cela est encore méconnu par plusieurs, la Mère de toutes les mères.

On reconnaît aisément le rôle de Père dans la Source de toutes choses, mais il convient d’ajouter que, selon Maurice Zundel, « tout ce qu’il y a de tendresse dans le cœur des mères n’est que l’écho lointain de la tendresse infiniment maternelle » qui émane de lui, car, directement ou indirectement, il est la somme de toute vie, de toute communion dans l’être et de toute expression dans l’agir.

Ce Dieu Père-Mère est sûrement plus que cela, mais c’est de lui la seule chose qu’on peut commencer à comprendre à travers notre expérience personnelle. En effet, la réalité ne nous est accessible que par nos aptitudes à la percevoir, mais on peut facilement penser qu’elle est toujours plus que nous en percevons.

Comme exemple, la réalité des couleurs de l’arc-en-ciel n’a de sens que pour nous qui percevons les couleurs tandis qu’une grande multitude de nos frères et sœurs les animaux n’en soupçonnent rien par manque de vision ; et pourtant, perçue ou pas, la couleur est bien là ; il en est assurément de même pour tout ce qui échappe à nos sens limités et à notre compréhension tributaire de nos capacités à percevoir le monde sensible.

Le sentiment de fraternité qui se dégage de cette déité parentale commune nous pousse à l’accueil de l’autre ; c’est ainsi que je viens m’adresser à toi dans toute la simplicité de mon cœur, cherchant à te communiquer la beauté que je vois dans la vie, admettant que le peu de beauté que j’en perçois n’est qu’un pâle reflet de la réelle Beauté qui veille sur nous tous.

***

Le seul endroit où on peut écrire de belles choses c’est dans le cœur des gens, car seul l’humain emporte avec lui les belles choses du passé. Partout ailleurs, l’usure du temps fait son œuvre tandis que, dans le cœur des gens, une idée grandit pour peu qu’on s’en occupe.

De plus, c’est à l’encre d’amour que s’inscrivent les plus belles choses : ces idées persistent, croissent, prennent de la beauté et se répandent en contagion de proche en proche. Un écrit est alors comme une bouteille à la mer qui ne délivre son message que lorsque quelqu’un la trouve, un message qui, à la manière d’une semence, attend une terre fertile pour rendre à la vie du cent pour un.

Je ne m’attendais pas à commencer ma lettre de cette manière. On peut dire qu’il s’agit là d’un cri du cœur, d’un hors-d’œuvre, de quelque chose qui ouvre l’appétit pour le plat principal que j’ai préparé depuis déjà plusieurs semaines.

***

En cette période de préparation à la fête de la Nativité qui s’en vient, où chacun est plus porté à prendre soin des personnes aimées, j’ai pensé à t’offrir ma réflexion sur la valeur d’un cadeau donné, sur la manière de le donner, sur l’importance de la communion fraternelle qui accompagne cette activité. Les citations qui se trouvent dans ce texte sont tirées du Prophète de Khalil Gibran.

« Vous donnez, mais fort peu quand il s’agit de vos possessions. C’est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez vraiment ». Même les enfants, qui connaissent peu des choses de la vie, savent qu’un moment d’attention a plus de valeur qu’un simple cadeau, car l’attention qu’on lui porte ressemble à un manteau assez large pour envelopper deux personnes dans une même aire chaleureuse. Le don de ses possessions n’est pas suffisant, même s’il s’agit de biens matériels nécessaires comme le gîte, la nourriture et le vêtement.

L’attention qu’on porte en donnant le cadeau comprend le cadeau et une aura de bonheur qui embaume l’air environnant. Cette présence humaine est nécessaire pour donner de la valeur au cadeau et rendre heureux celui qui reçoit et celui qui donne.

***

Mais le don n’est pas toujours fait pour les meilleures raisons ; on peut donner « pour susciter une reconnaissance et ce désir secret pervertit ces dons » ; certains peuvent aussi donner « dans la joie et cette joie est leur récompense » ; certains autres « donnent dans la douleur et cette douleur est leur baptême ».

Cela commence à être bien quand on est de « ceux qui donnent peu, mais le donnent entièrement. Ceux-là croient en l’existence et en la générosité de la vie, et leur fond n’est jamais vide » et cela est vraiment bien quand on est de ceux qui « donnent comme le myrte [qui] exhale son arôme dans l’espace de la vallée » ; ces derniers donnent à la limite de leurs moyens avec la seule préoccupation d’aider l’autre. Ainsi « Dieu parle à travers les mains de tels êtres et, derrière leurs yeux, sourit à la Terre ».

Quand le don est fait d’une manière désintéressée, dans le seul but de satisfaire au besoin de l’autre, il s’installe alors un sentiment de reconnaissance de la part de celui qui reçoit envers son bienfaiteur pour l’aide qu’il lui apporte ou le plaisir qu’il lui fait et de la part de celui qui donne envers son protégé, car ainsi il prend conscience de la place qu’il occupe dans la longue chaîne de donateurs qui vient des temps immémoriaux jusqu’à lui et qui va peut-être se poursuivre à travers celui qui reçoit, devenant, à son tour, un futur donateur.

Il faut savoir qu’il est impossible de ne rien devoir à personne, car, dans la réalité, il est plus vrai de dire qu’on doit tout à tout le monde.

Quand on y regarde de plus près, il est cependant plus juste de dire qu’on doit presque tout à une multitude de gens. Tout d’abord on doit la vie à tous nos ancêtres personnels, ensuite on doit nos conditions de vie matérielle et sociale à l’évolution des contacts humains dans l’histoire de tous ceux qu’on peut appeler collectivement « notre peuple ».

***

Nous vivons notre vie à la manière d’un poisson, nous déplaçant dans notre grand fleuve social limité par ses rives et rempli de l’eau qui vient de sa longue histoire du passé. En amont, c’est le passé jusqu’au ruisseau des premiers humains, en aval c’est le futur encore inconnu, mais qui poursuit sa marche le long des rives de plus en plus larges.

Il faut ajouter que le poisson est prisonnier de ces limites et du contenu des eaux dans lesquelles il baigne tandis que, pour nous, ces limites et ce contenu, en même temps qu’on y est contraint, on peut les modifier pour faire du futur un large fleuve tranquille ayant laissé loin derrière les remous sociaux vécus dans la crainte et où on a fait décanter les eaux boueuses du passé, perdant leur saleté et n’en conservant que leur pureté cristalline.

On est ainsi en même temps prisonnier des conventions sociales et agent de changement pour les générations à venir. Ce travail de changement consiste à vêtir de rêve ce qui manque à la réalité et, à force de patience, rendre réelle une partie de ce rêve.

Peut-être est-ce la période de l’année qui me pousse à parler ainsi, l’approche de Noël et de tout ce que ça contient de religieux. Cette fête représente le retour vers l’été avec les jours qui s’allongent lentement, l’évocation de la naissance d’un petit enfant, l’espoir de jours meilleurs avec une amélioration des gestes de fraternité entre les humains.

Cette fête, porteuse de rêves, nous pousse à en réaliser quelques-uns, nous encourage à meubler notre cœur pour offrir un nid bien chaud à la vie qui cherche à s’épanouir. Cette fête, je te la souhaite féconde dans tous les sens possibles, c’est là ce qu’à la manière d’un grand-papa je peux te souhaiter de plus beau.

Réal, décembre 2011

La fête à Micaël

Robert Cadieux,
Montréal

Nous nous sommes réunis encore une fois pour un pique-nique sur le Mont-Royal pour fêter la naissance de Jésus qui est né le 21 août de l’an -7 à midi, il y a 2022 ans. La rencontre était programmée pour 11h30.

Nous n’étions pas nombreux, car la prévision était à la pluie et elle est arrivée assez tôt vers 12h30. Tout de même, nous avons eu une belle rencontre avec de belles personnes. Nous sommes venus fêter, manger, s’amuser, discuter et chanter.

En 2013, au parc Angrignon, c’est avec Guy Vachon que nous avons commencé à chanter.

En fin de semaine, j’avais préparé un intermède musical qui n’a pas eu lieu, car on s’est retrouvé assez tôt à l’intérieur du chalet de la montagne. C’était un peu bruyant et pas tellement l’endroit pour chanter ensemble ; sauf si nous aurions été seuls, ce qui n’était pas le cas. Aussi, nos deux amis musiciens — Michel Robidoux à la guitare et Philippe Pillette à l’accordéon — ne pouvaient pas être là.

***

La vie c’est grandiose et peut-être que nous en sommes à peine conscients, parce qu’on perçoit peu les vraies réalités spirituelles. Toutefois, par la foi et par la perception consciente du ministère de l’esprit en nous, nous pouvons en devenir conscients.

Je pense que c’est en partie ce sentiment religieux, qui nous motive à nous réunir, à se retrouver ensemble dans une occasion comme le pique-nique d’aujourd’hui.

La mort physique ne sera que la fin d’une première étape, d’une carrière sans fin.

Voilà une partie de ce que Jésus est venu nous enseigner en venant vivre lui-même la vie humaine dans la similitude d’un corps physique.

Il est venu nous enseigner la conscience de Dieu dans l’évolution de la vie humaine et la poursuite de la vie dans la carrière universelle.

En fin de compte, nous sommes ici, dans notre vie humaine, pour développer notre conscience de Dieu. Et Dieu, qui est partout et au Paradis est aussi présent à l’intérieur de nous. C’est avec cette présence divine, notre Ajusteur de Pensée, que nous sommes destinés à fusionner et à devenir ainsi, une personnalité ascendante de l’univers. En attendant, en tant qu’humains vivant dans un corps physique ici sur la terre, nous sommes des fils et des filles de Dieu par la foi — ceci est le prélude de notre union avec Dieu.

Quelle chance nous avons. On vit ici (au Québec), sur la terre, dans une partie du monde en paix sachant qu’il y a bien des problèmes ailleurs. Ces problèmes sont encore liés aux luttes de pouvoir et à la religion. Le sentiment religieux qui est bien présent chez l’être humain l’amène à créer des religions et à convaincre tout le monde qu’ils devraient penser de la même manière et avoir la même croyance.

Il n’est pas aisé de chercher et trouver la vérité dans le tumulte. Pourtant on sait que la vérité existe et qu’elle doit nous guider.

Aujourd’hui, on fête l’anniversaire de Jésus qui est le représentant de la paix. Lors de ses apparitions, ses premiers mots étaient : « Que la paix soit avec vous ».

Une culture Urantienne…

Jean-Claude Lafrenière
Saint-André-Avellin, QC

[Durant la thématique à Drummondville du 14 mai 2016, Jean-Claude nous a chanté ses compositions personnelles inspirées du « Livre d’Urantia ».

À la page 3 du Réflectivité de juin 2016, il nous raconte son expérience plus en détail, que je résume ici.]

Une nuit, je me surprends à fredonner un air quelconque, et des mots se rapportant au « Livre d’Urantia » s’y glissent agréablement.

Je me lève pour noter le flot de mots qui s’intègre naturellement à l’air de musique que j’ai en tête.

Les textes reposants sur des airs connus, ou à peu près, permettrait à chacun chacune de les chanter, de se les approprier.

Voici donc ma prochaine composition :

J’ai d’abord hésité à accepter ce texte. Il me semblait que je soulignais trop l’état lamentable de notre condition humaine — malheur, divorce, justice questionnable, …

Quelques allusions positives — liberté, responsabilité, évolution, expérimentation, perfection, l’au-delà — m’ont enfin incité, à l’instar de Denise, mon amie, à apprécier cette version, ainsi que le rythme de cette mélodie, appréciée par ces dames…

Sur l’air de : « Pourquoi le monde est sans amour »

a) Pourquoi le monde est à l’envers ? — Pourquoi tant de malheurs sur terre ?
On ne peut plus se satisfaire. —
De son bonheur solitaire.
Avec liberté rime responsabilité —
En commun et en privé : la vérité !

b) La petite famille, son petit boulot, —
On s’éparpille, tête à chapeau.
Et le divorce bientôt nous force, —
À repartir tout à zéro.
Les rapports hommes femmes sont débalancés : —
C’est au plus fort la poche : bravo !

c) Pourquoi troquer sa liberté, —
Pour un peu de sécurité.
Esclave de la société, —
Prends le bord, la vie privée.
C’est l’évolution en expérimentations —
Pour aboutir au fond, à la perfection.

d) Pourquoi donc, Dieu n’intervient pas, —
dans chacun de ces cas.
Quand ça va, on n’y pense pas —
Ça prend le malheur pour nous mettre au pas.
Mais le Livre dit, que tout ça passera —
et qu’on se retrouvera, dans l’au-delà.

Une culture Urantienne!

Jean-Claude Lafrenière
Saint-André-Avellin, QC

[Durant la thématique à Drummondville du 14 mai 2016, Jean-Claude nous a chanté ses compositions personnelles inspirées du « Livre d’Urantia ». Dans le Réflectivité de juin 2016 , à la page 3, il nous raconte son expérience que je résume ici.]

Une nuit, je me surprends à fredonner un air quelconque, et des mots se rapportant au « Livre d’Urantia » s’y glissent agréablement.

Je me lève pour noter le flot de mots qui s’intègre naturellement à l’air de musique que j’ai en tête.

Les textes reposants sur des airs connus, ou à peu près, permettrait à chacun chacune de les chanter, de se les approprier.

Voici donc ma prochaine composition :

Tout le monde connaît l’aire de « La Manic » : « Si tu savais comme on s’ennuie, à La Manic… »

Pour bien sentir l’effet merveilleux de cette composition, je vous propose l’expérience suivante : juste avant de commencer à la chanter, dites votre prénom, comme si ça s’adressait à vous personnellement. C’est en le faisant que j’ai ressenti… ce que je vous souhaite de ressentir à votre tour.

Un tel thème de base s’inscrit tellement bien dans la redécouverte du Message initial oublié, mais toujours occupé par ce Dieu vengeur et méchant de la 3e révélation, toujours présente dans notre civilisation de culpabilisation et de rechute.

Sur l’air de « La Manic »

Si tu savais

Combien il t’aime,

Ton Père céleste.

Comme un enfant,

Tu lui rendrais,

Un grand amour terrestre ;

T’écouterais ses bons conseils,

Car il habite vraiment en toi ;

Que tu le sentes ou pas,

Il veut bien guider tes pas.

Loin des malheurs que tu te crées,

Dans cette forêt d’erreurs.

La raison de la maladie, de la misère, de la souffrance, de la guerre…

Maurice Migneault
Gatineau
urantiamaurice@gmail.com

Le 12 juin 2016, un homme pénètre à l’intérieur d’une boite de nuit fréquentée par la communauté gaie d’Orlando en Floride. Armé d’un fusil d’assaut et d’une arme de poing, il exécute au moins 50 personnes et en laisse 53 autres blessées. Il sera abattu par la police après trois heures de prise d’otage.

Que répondre à ceux qui demandent pourquoi Dieu permet une telle violence ?

Lorsque la colère et l’émotion alimentent encore les larmes de la vengeance, le cœur n’est pas dans un état pour accueillir des réponses teintées d’amour.

Il est imprudent de comparer la justice de Dieu avec celle des hommes. Dieu est capable de juger sans condamner, ce que ne peut faire l’homme. La sagesse divine demande d’être reconnue par une vision divine. Nous devons dépasser notre condition humaine pour commencer à l’apprécier.

Celui qui se trompe de route doit-il accuser le chemin qu’il empruntait ? Si notre voiture tombe en panne doit-on en accuser son concepteur ? Si le taux des maladies mortelles infantiles est maintenant moindre qu’il l’était au siècle dernier est-ce dû à l’effort de Dieu ou à l’effort des hommes ? Alors, pourquoi accuser Dieu de tous les maux ?

Première lettre d’amour d’un grand-papa à ses enfants et à ses petits-enfants devenus grands…

Réal Demers
Laval

Cette lettre s’adresse aussi à toute personne de bonne volonté qui est à la recherche de perfection, si relative soit-elle ; en effet, le lien de filiation avec moi n’est qu’accessoire, en raison du fait que chacun de nous est membre de la grande fraternité humaine, qu’on a un seul Père en commun, la divine Source de toutes choses.

Cette lettre, ainsi que toutes les autres qui suivront, s’adresse à toi comme si tu étais la seule personne au monde, à la manière de la Rose du Petit-Prince.

Pendant que la chandelle de ma vie brûle encore, je me hâte de dire aux gens qui m’entourent que je les aime. Avant que la lumière qu’elle irradie ne soit trop faible pour éclairer le papier sur lequel court inlassablement ma plume, je m’écrie en mots comme une longue litanie, en partie en raison de son contenu, en partie pour me prouver que je suis toujours vivant.

La plupart du temps, mon discours délaisse les préoccupations quotidiennes pour s’élever en un chant d’amour qui, à la manière d’un soleil levant, redonne de la perspective aux choses qui, dans la nuit, nous enserraient de toutes parts. Cette élévation de l’âme qui donne un sens nouveau à notre vécu ne résulte pas de nos actions, mais d’une disposition de notre être à recevoir, un état semblable à la fleur qui s’ouvre au soleil du matin.

La recherche d’une voie permettant L’élévation de l’âme, l’Illumination (selon Krishnamurti), ne peut que nous laisser en attente de quelque chose qui n’arrive pas. En effet, cette illumination ne résulte pas d’un agir, mais dépend de l’Être : être capable de recevoir, mais incapable de trouver. Elle vient sans qu’on la cherche ; sa présence peut être perçue comme du bonheur.

Toute recherche requiert notre attention, nous distrait de ce qui se passe en nous et nous éloigne de cet état de bonheur résultant de la simple contemplation. Quand la tête est pleine de toutes les actions que l’on pourrait faire, quand on fouille dans notre mémoire pour trouver la solution à un problème lancinant, on est tourné vers le dehors, en mode d’action où le « je » se défend d’agressions extérieures et/ou se taille une position sociale plus favorable. Il en résulte un niveau d’excitation propice à l’action, parfois salvatrice, mais l’illumination n’est certes pas au rendez-vous.

Autant il est nécessaire d’agir, ne serait-ce que pour répondre aux exigences de notre vie matérielle (soins personnels, participation à la vie de notre groupe, regard bienveillant auprès des autres), autant les brefs moments de contemplations ajoutent à la qualité du vécu.

Ces moments de contemplation n’ont pas de situations ni de lieux particuliers. Tu peux les vivre en regardant un beau paysage, en te laissant baigner d’un subit rayon de soleil, en entendant la voix d’une personne aimée, en ressentant la douce communion qui te lie à ton entourage avec le sentiment d’être élevé dans un élan de reconnaissance envers la vie, envers la Source de toute vie comme à un père aimant.

Ces moments sont caractérisés par le silence du « je », par le fait qu’il abaisse ses frontières, qu’il se livre complètement, entrant ainsi dans l’extase d’une communion sans réserve avec la réalité qui nous entoure. Ainsi, quand on recherche cette illumination, on est toujours à la recherche d’une route qui n’existe pas ; en effet, selon Krishnamurti, la recherche de la vérité, c’est visiter un pays qui n’a pas de route ; ici on parle de vérité en terme d’adéquation entre notre propos et la réalité : cette réalité se présente à nous comme un film qui se déroule sans cesse, tandis que nos propos ne représentent que des photos de cette réalité qu’on voudrait saisir, mais qui, à chaque nouvelle seconde, s’échappe de nos mains.

Pas plus que les milliers de bateaux qui ont sillonné les mêmes mers, notre bateau ne laissera la trace de son passage. Autant l’eau s’écarte pour couler le long de ses flancs, autant elle le supporte pendant son passage, autant elle se referme après lui, laissant à tout nouveau bateau le soin de retrouver cette route, jamais tracée, comme si jamais aucun bateau n’avait flotté sur ces mêmes eaux.

Il en est ainsi de ta vie qui se poursuit, semblable à celle des autres, et je n’ai, pour la décrire, que des mots tirés de mon vécu personnel. Malgré tout ce que les autres te disent, tes décisions sont tiennes ; les autres peuvent t’influencer, mais c’est toujours toi qui décides d’agir.

Ce que les autres vivent c’est parfois éclairant, mais l’île où te mène ton bateau est la tienne, avec ses contours bien définis, ses plages de sable fin, ses côtes escarpées, sa flore exotique ; c’est ton île, à la fois un refuge et un lieu de ressourcement ; ton île, c’est toi comme nul autre ne peut te voir, c’est ton atelier de travail, c’est ton nid où tu viens réfléchir.

Dans ton île, personne d’autre que toi ne peut y accéder ; on ne peut qu’attendre ton désir de te montrer en allant à la rencontre des autres. Chacun est une île et les rencontres avec les autres se font généralement en haute mer : l’île de chacun est au mieux visible de loin et souvent au-delà de l’horizon. Il en est ainsi pour les relations d’affaires, où on attend de chacun un service spécialisé pour répondre à nos besoins, sans se préoccuper du vécu personnel de celui qui nous rend service.

Les liens d’amitié sont plus rapprochés ; dans ce cas, même si l’île de chacun est tout près, les contacts se font toujours de bateau à bateau, chacun fraternisant avec les autres à la manière d’une danse en ligne, d’un vol d’oiseaux groupés dans un même mouvement pour chacun d’entre eux, d’un banc de poissons serrés les uns contre les autres.

Bref, ce que l’on voit de l’autre c’est l’extérieur, c’est ce que l’autre veut bien nous montrer, c’est le contour de son île ; ce qu’on ne voit pas, c’est sa partie divine cachée en lui, c’est la fleur cachée au milieu de sa forêt, c’est son trésor enfoui dans le sable, c’est la grandeur de son âme toute drapée dans sa nudité originelle.

Chacun étant une île, essaie de deviner l’autre, projette sur l’autre ce qu’il vit au fond de lui-même, mi-réalité et mi-projection. Chacun, pour agir envers les autres, se construit une idée de ce qu’ils sont et expérimente, par essais et erreurs, les meilleurs contacts avec eux. Ainsi, chaque révélation de l’autre par son agir redémarre la recherche de l’autre dans son être ; c’est là un jeu de cache-cache qui donne du piquant au vécu, de l’espéré jamais atteint complètement, de l’inespéré jamais cherché, mais reçu, une recherche de l’autre toujours à ses débuts, toujours différente, toujours neuve et toujours à refaire ; c’est l’éternel premier jour.

Ce genre de langage au figuré pour tenter de comprendre la réalité te montre qu’il ne faut jamais prendre pour définitif ta compréhension que tu as du monde qui t’entoure, de toi en relation avec les autres et, par voie de conséquence, de ton « être » intime qui sera toujours un secret pour les autres et un terrain d’investigation pour toi. C’est pourquoi il n’y a pas de route pour arriver à la compréhension de soi et des autres. Quant à l’illumination, elle ressemble au frisson de la vie qui arrive dans sollicitation et qui persiste parfois longtemps dans notre esprit après son passage. Rien ne sert de la chercher, c’est elle qui nous trouve à la manière d’un parent affectueux ; il nous suffit alors d’être assez réceptif passif pour ne pas rater sa visite. C’est une lumière qu’on ne peut voir si on n’a pas éteint tous nos désirs.

À la prochaine…

Congrès international Urantia, San Antonio, Texas (du 8 au 12 juin 2016) « Jesus the Master » 

Alain Nielsen
Montréal

L’homme aux béquilles :

Heureusement que le chauffeur s’est arrêté juste devant la porte du bureau d’enregistrement, car en mettant le premier pied hors de la fourgonnette qui m’a cueilli à l’aéroport, l’air chaud me frappa !!

À l’intérieur, plusieurs personnes sont déjà présentes, mais tous affairées à quelque chose. Je sentais comme une légère tension dans l’air.

Mon check-in complété, je me sens vraiment seul parmi une foule d’inconnus s’exprimant tous en anglais. Je devais me rendre utile à quelque chose, ainsi cela servirait d’entrée pour un premier contact avec quelqu’un. L’homme aux béquilles assis par terre apparait dans mon champ de vision. Sans mots dire, je m’assois par terre près de lui. Je pris un sac, il leva la tête et m’indiqua quoi mettre à l’intérieur de celui-ci, sans plus ni moins. Ça y est, il venait de m’inclure dans son cercle.

Dès lors je me sentis mieux. Il m’accueillit, tout simplement, sans rien connaitre de moi.

Leçon : Le sentiment d’appartenance et l’esprit d’équipe naissent de la volonté de chaque partie et seulement lorsque celles-ci sont unifiées dans un but commun et travaillent pour le bien de l’ensemble.

Le discours de bienvenue :

Le second évènement marquant mon esprit se produisit dès que les paroles du discourt de bienvenue furent prononcées par le président de la Fondation Urantia, Mo Seigel.

« Vous devez penser profondément, jusqu’à ce que votre mental vous fasse mal, tel est le sens du terme ‘méditation’ employé dans le Livre d’Urantia. » Cet homme, par ses paroles, est venu sceller ce que j’ai toujours pensé.

Leçon : l’énergie provient lors de profondes réflexions. C’est pourquoi Jésus avait développé cette habitude, « la méditation adoratrice solitaire » Fasc.160:1.10 (p.1774.2).

La vieille dame à la canne :

Plusieurs moments plus tard, marchant sous les rayons brûlants du soleil texan je vis, à l’ombre d’un arbre, une petite table et deux bancs vides où je pouvais enfin me reposer et essuyer la sueur perlant sur mon front. Au loin, je pouvais distinguer la silhouette d’une vieille dame avec une canne, se dirigeant, elle aussi, dans cette direction.

Après les présentations d’usages, Mme Suzan s’ouvrit à moi et me livra sur-le-champ sa plus grande difficulté ; cette personnalité avait de la difficulté à rester dans le moment présent. Vous savez cet instant où tout existe, où le temps et l’espace sont expulsés hors de notre pensée, là où tout se joue et là où tout est possible. Hé bien ! Suzan et moi y étions. Nous étions en relation et nous vivions. C`est là et en ce moment précis que vit et se trouve Dieu le Père. De personnalité à personnalité, nous avons partagé un moment de beauté, de vérité et de bonté.

Celle-ci, je peux facilement dire que ce fût une expérience spirituelle incroyable et unique, mais non une leçon !!!!

« As she passes by »

Telle était titrée l’atelier et animée par quatre femmes. Poussé par la curiosité, je suis entré dans la salle. Celle-ci était disposée différemment des autres. Les chaises avaient toutes été disposées d’une manière à former un grand cercle et quatre autres se trouvaient à l’intérieur de celui-ci.

Les quatre femmes ont pris place au centre et commencèrent une conversation, ou était-ce un échange ou un partage ??? Bonne question !!! Bizarrement, le tout semblait fonctionner parce que l’intensité de la salle montait et l’énergie était palpable. Je ne peux vous dire exactement le temps que tout cela a duré puisque j’ai moi-même perdu toute notion du temps lors de cet évènement.

Par la suite elles se sont intégrées dans notre grand cercle et laissé aller ce qu’elles venaient de mettre en place. Naturellement les femmes étaient dominantes en nombre lors de cet atelier. Plusieurs d’entre elles ont pris la parole. Hé-bien !!! Force est de constater que l’approche de la spiritualité par le genre féminin est bien différente de l’aspect masculin.

Je pris alors conscience que la société actuelle que l’on dit moderne est encore primitive sous certains aspects.

Observation : construite par l’homme et pour les hommes cette société.

J’avoue qu’ici la leçon, je ne l’ai pas tirée. La question reste sans réponse !! Mais chose certaine, il se passe bien quelque chose et le changement sera lent et progressif. Ce qui est cohérent, puisque cette dominance masculine s’étend sur des millénaires d’évolution.

Peut-être que le genre masculin, ne veut-il pas cela ?? L’homme a-t-il peur du changement et perdre son trône si confortable ??

Une certitude, par contre, j’ai trouvé « As she passes by » et la voici ; « Écouter et parler avec son cœur signifie écouter et parler pour comprendre et non pour trouver une réponse !!! » Voilà peut-être ici une de nos grandes différences. Qui sait ??

La dernière accolade : L’homme de 1967

Je suis maintenant sur le point de quitter le campus du « Trinity University ». Mes bagages sont déjà bien cordés à l’intérieur de la fourgonnette qui me ramènerait à l’aéroport afin de rentrer au bercail.

Bien entendu, je réservais mes dernières accolades à deux amis spéciaux à mes yeux. Vous savez celui qui m’a lancé l’invitation et celui avec lequel je me sens en sécurité. Mais ici il se produisit autre chose, ce campus n’était pas n’importe lequel. L’univers, parfois, réserve des surprises et elle vous sort un lapin de sa manche !!

Pendant que je foulais mes derniers pas sur le sol bouillant du Texas tout en ramenant en mon âme une expérience extraordinaire, l’homme de 1967 arriva en trombe en s’exclamant. « Before you leave I want to hug you !! »

?????? Oui, j’avoue que je fus assez stupéfait, car en fait, jamais nous nous étions croisés ou adressé la parole. Un parfait et total inconnu !!

« I’ve been seeing you pass by five or six times during the convention. I wanted to talk to you but I did not. So before you leave can I just hug you? » (Traduction : « Je t’ai vu passer cinq ou six fois pendant la convention. Je voulais te parler mais je ne l’ai pas fait. Avant que tu partes est-ce que je peux juste te faire l’accolade ? »)

« Yes, come to me !! » (« Oui, viens à moi !! ») Presque pas fini de le dire qu’il m’avait déjà pris dans ses bras en me serrant contre lui. Lorsqu’il eut relâché son étreinte, j’ai pu reprendre un peu mon souffle. Il semblait m’aimer très fort l’homme de 1967.

Après les poignées de mains d’usage et, disons plus conventionnelles entre deux parfaits étrangers, je lus sur le petit carton son nom, mais aussi l’année que cet homme avait débutée à lire la Cinquième Révélation d’époque. Il y était indiqué 1967.

J’étais stupéfait, car l’homme de 1967 a touché le Livre d’Urantia pour la première quand moi j’étais âgé de deux ans. Presque cinquante années.

Je me sentais vraiment comme un jeunot à ses côtés. Merci à lui, mais je reste intrigué de cette rencontre.

Leçon : Soyez digne et fier lorsque vous portez comme habits la lumière de Dieu, car vous ne pouvez vous douter qui vous observe !!