Une culture Urantienne!

Jean-Claude Lafrenière
Saint-André-Avellin, QC

[Durant la thématique à Drummondville du 14 mai 2016, Jean-Claude nous a chanté ses compositions personnelles inspirées du « Livre d’Urantia ». Dans le Réflectivité de juin 2016 , à la page 3, il nous raconte son expérience que je résume ici.]

Une nuit, je me surprends à fredonner un air quelconque, et des mots se rapportant au « Livre d’Urantia » s’y glissent agréablement.

Je me lève pour noter le flot de mots qui s’intègre naturellement à l’air de musique que j’ai en tête.

Les textes reposants sur des airs connus, ou à peu près, permettrait à chacun chacune de les chanter, de se les approprier.

Voici donc ma prochaine composition :

Tout le monde connaît l’aire de « La Manic » : « Si tu savais comme on s’ennuie, à La Manic… »

Pour bien sentir l’effet merveilleux de cette composition, je vous propose l’expérience suivante : juste avant de commencer à la chanter, dites votre prénom, comme si ça s’adressait à vous personnellement. C’est en le faisant que j’ai ressenti… ce que je vous souhaite de ressentir à votre tour.

Un tel thème de base s’inscrit tellement bien dans la redécouverte du Message initial oublié, mais toujours occupé par ce Dieu vengeur et méchant de la 3e révélation, toujours présente dans notre civilisation de culpabilisation et de rechute.

Sur l’air de « La Manic »

Si tu savais

Combien il t’aime,

Ton Père céleste.

Comme un enfant,

Tu lui rendrais,

Un grand amour terrestre ;

T’écouterais ses bons conseils,

Car il habite vraiment en toi ;

Que tu le sentes ou pas,

Il veut bien guider tes pas.

Loin des malheurs que tu te crées,

Dans cette forêt d’erreurs.

La raison de la maladie, de la misère, de la souffrance, de la guerre…

Maurice Migneault
Gatineau
urantiamaurice@gmail.com

Le 12 juin 2016, un homme pénètre à l’intérieur d’une boite de nuit fréquentée par la communauté gaie d’Orlando en Floride. Armé d’un fusil d’assaut et d’une arme de poing, il exécute au moins 50 personnes et en laisse 53 autres blessées. Il sera abattu par la police après trois heures de prise d’otage.

Que répondre à ceux qui demandent pourquoi Dieu permet une telle violence ?

Lorsque la colère et l’émotion alimentent encore les larmes de la vengeance, le cœur n’est pas dans un état pour accueillir des réponses teintées d’amour.

Il est imprudent de comparer la justice de Dieu avec celle des hommes. Dieu est capable de juger sans condamner, ce que ne peut faire l’homme. La sagesse divine demande d’être reconnue par une vision divine. Nous devons dépasser notre condition humaine pour commencer à l’apprécier.

Celui qui se trompe de route doit-il accuser le chemin qu’il empruntait ? Si notre voiture tombe en panne doit-on en accuser son concepteur ? Si le taux des maladies mortelles infantiles est maintenant moindre qu’il l’était au siècle dernier est-ce dû à l’effort de Dieu ou à l’effort des hommes ? Alors, pourquoi accuser Dieu de tous les maux ?

Première lettre d’amour d’un grand-papa à ses enfants et à ses petits-enfants devenus grands…

Réal Demers
Laval

Cette lettre s’adresse aussi à toute personne de bonne volonté qui est à la recherche de perfection, si relative soit-elle ; en effet, le lien de filiation avec moi n’est qu’accessoire, en raison du fait que chacun de nous est membre de la grande fraternité humaine, qu’on a un seul Père en commun, la divine Source de toutes choses.

Cette lettre, ainsi que toutes les autres qui suivront, s’adresse à toi comme si tu étais la seule personne au monde, à la manière de la Rose du Petit-Prince.

Pendant que la chandelle de ma vie brûle encore, je me hâte de dire aux gens qui m’entourent que je les aime. Avant que la lumière qu’elle irradie ne soit trop faible pour éclairer le papier sur lequel court inlassablement ma plume, je m’écrie en mots comme une longue litanie, en partie en raison de son contenu, en partie pour me prouver que je suis toujours vivant.

La plupart du temps, mon discours délaisse les préoccupations quotidiennes pour s’élever en un chant d’amour qui, à la manière d’un soleil levant, redonne de la perspective aux choses qui, dans la nuit, nous enserraient de toutes parts. Cette élévation de l’âme qui donne un sens nouveau à notre vécu ne résulte pas de nos actions, mais d’une disposition de notre être à recevoir, un état semblable à la fleur qui s’ouvre au soleil du matin.

La recherche d’une voie permettant L’élévation de l’âme, l’Illumination (selon Krishnamurti), ne peut que nous laisser en attente de quelque chose qui n’arrive pas. En effet, cette illumination ne résulte pas d’un agir, mais dépend de l’Être : être capable de recevoir, mais incapable de trouver. Elle vient sans qu’on la cherche ; sa présence peut être perçue comme du bonheur.

Toute recherche requiert notre attention, nous distrait de ce qui se passe en nous et nous éloigne de cet état de bonheur résultant de la simple contemplation. Quand la tête est pleine de toutes les actions que l’on pourrait faire, quand on fouille dans notre mémoire pour trouver la solution à un problème lancinant, on est tourné vers le dehors, en mode d’action où le « je » se défend d’agressions extérieures et/ou se taille une position sociale plus favorable. Il en résulte un niveau d’excitation propice à l’action, parfois salvatrice, mais l’illumination n’est certes pas au rendez-vous.

Autant il est nécessaire d’agir, ne serait-ce que pour répondre aux exigences de notre vie matérielle (soins personnels, participation à la vie de notre groupe, regard bienveillant auprès des autres), autant les brefs moments de contemplations ajoutent à la qualité du vécu.

Ces moments de contemplation n’ont pas de situations ni de lieux particuliers. Tu peux les vivre en regardant un beau paysage, en te laissant baigner d’un subit rayon de soleil, en entendant la voix d’une personne aimée, en ressentant la douce communion qui te lie à ton entourage avec le sentiment d’être élevé dans un élan de reconnaissance envers la vie, envers la Source de toute vie comme à un père aimant.

Ces moments sont caractérisés par le silence du « je », par le fait qu’il abaisse ses frontières, qu’il se livre complètement, entrant ainsi dans l’extase d’une communion sans réserve avec la réalité qui nous entoure. Ainsi, quand on recherche cette illumination, on est toujours à la recherche d’une route qui n’existe pas ; en effet, selon Krishnamurti, la recherche de la vérité, c’est visiter un pays qui n’a pas de route ; ici on parle de vérité en terme d’adéquation entre notre propos et la réalité : cette réalité se présente à nous comme un film qui se déroule sans cesse, tandis que nos propos ne représentent que des photos de cette réalité qu’on voudrait saisir, mais qui, à chaque nouvelle seconde, s’échappe de nos mains.

Pas plus que les milliers de bateaux qui ont sillonné les mêmes mers, notre bateau ne laissera la trace de son passage. Autant l’eau s’écarte pour couler le long de ses flancs, autant elle le supporte pendant son passage, autant elle se referme après lui, laissant à tout nouveau bateau le soin de retrouver cette route, jamais tracée, comme si jamais aucun bateau n’avait flotté sur ces mêmes eaux.

Il en est ainsi de ta vie qui se poursuit, semblable à celle des autres, et je n’ai, pour la décrire, que des mots tirés de mon vécu personnel. Malgré tout ce que les autres te disent, tes décisions sont tiennes ; les autres peuvent t’influencer, mais c’est toujours toi qui décides d’agir.

Ce que les autres vivent c’est parfois éclairant, mais l’île où te mène ton bateau est la tienne, avec ses contours bien définis, ses plages de sable fin, ses côtes escarpées, sa flore exotique ; c’est ton île, à la fois un refuge et un lieu de ressourcement ; ton île, c’est toi comme nul autre ne peut te voir, c’est ton atelier de travail, c’est ton nid où tu viens réfléchir.

Dans ton île, personne d’autre que toi ne peut y accéder ; on ne peut qu’attendre ton désir de te montrer en allant à la rencontre des autres. Chacun est une île et les rencontres avec les autres se font généralement en haute mer : l’île de chacun est au mieux visible de loin et souvent au-delà de l’horizon. Il en est ainsi pour les relations d’affaires, où on attend de chacun un service spécialisé pour répondre à nos besoins, sans se préoccuper du vécu personnel de celui qui nous rend service.

Les liens d’amitié sont plus rapprochés ; dans ce cas, même si l’île de chacun est tout près, les contacts se font toujours de bateau à bateau, chacun fraternisant avec les autres à la manière d’une danse en ligne, d’un vol d’oiseaux groupés dans un même mouvement pour chacun d’entre eux, d’un banc de poissons serrés les uns contre les autres.

Bref, ce que l’on voit de l’autre c’est l’extérieur, c’est ce que l’autre veut bien nous montrer, c’est le contour de son île ; ce qu’on ne voit pas, c’est sa partie divine cachée en lui, c’est la fleur cachée au milieu de sa forêt, c’est son trésor enfoui dans le sable, c’est la grandeur de son âme toute drapée dans sa nudité originelle.

Chacun étant une île, essaie de deviner l’autre, projette sur l’autre ce qu’il vit au fond de lui-même, mi-réalité et mi-projection. Chacun, pour agir envers les autres, se construit une idée de ce qu’ils sont et expérimente, par essais et erreurs, les meilleurs contacts avec eux. Ainsi, chaque révélation de l’autre par son agir redémarre la recherche de l’autre dans son être ; c’est là un jeu de cache-cache qui donne du piquant au vécu, de l’espéré jamais atteint complètement, de l’inespéré jamais cherché, mais reçu, une recherche de l’autre toujours à ses débuts, toujours différente, toujours neuve et toujours à refaire ; c’est l’éternel premier jour.

Ce genre de langage au figuré pour tenter de comprendre la réalité te montre qu’il ne faut jamais prendre pour définitif ta compréhension que tu as du monde qui t’entoure, de toi en relation avec les autres et, par voie de conséquence, de ton « être » intime qui sera toujours un secret pour les autres et un terrain d’investigation pour toi. C’est pourquoi il n’y a pas de route pour arriver à la compréhension de soi et des autres. Quant à l’illumination, elle ressemble au frisson de la vie qui arrive dans sollicitation et qui persiste parfois longtemps dans notre esprit après son passage. Rien ne sert de la chercher, c’est elle qui nous trouve à la manière d’un parent affectueux ; il nous suffit alors d’être assez réceptif passif pour ne pas rater sa visite. C’est une lumière qu’on ne peut voir si on n’a pas éteint tous nos désirs.

À la prochaine…

Congrès international Urantia, San Antonio, Texas (du 8 au 12 juin 2016) « Jesus the Master » 

Alain Nielsen
Montréal

L’homme aux béquilles :

Heureusement que le chauffeur s’est arrêté juste devant la porte du bureau d’enregistrement, car en mettant le premier pied hors de la fourgonnette qui m’a cueilli à l’aéroport, l’air chaud me frappa !!

À l’intérieur, plusieurs personnes sont déjà présentes, mais tous affairées à quelque chose. Je sentais comme une légère tension dans l’air.

Mon check-in complété, je me sens vraiment seul parmi une foule d’inconnus s’exprimant tous en anglais. Je devais me rendre utile à quelque chose, ainsi cela servirait d’entrée pour un premier contact avec quelqu’un. L’homme aux béquilles assis par terre apparait dans mon champ de vision. Sans mots dire, je m’assois par terre près de lui. Je pris un sac, il leva la tête et m’indiqua quoi mettre à l’intérieur de celui-ci, sans plus ni moins. Ça y est, il venait de m’inclure dans son cercle.

Dès lors je me sentis mieux. Il m’accueillit, tout simplement, sans rien connaitre de moi.

Leçon : Le sentiment d’appartenance et l’esprit d’équipe naissent de la volonté de chaque partie et seulement lorsque celles-ci sont unifiées dans un but commun et travaillent pour le bien de l’ensemble.

Le discours de bienvenue :

Le second évènement marquant mon esprit se produisit dès que les paroles du discourt de bienvenue furent prononcées par le président de la Fondation Urantia, Mo Seigel.

« Vous devez penser profondément, jusqu’à ce que votre mental vous fasse mal, tel est le sens du terme ‘méditation’ employé dans le Livre d’Urantia. » Cet homme, par ses paroles, est venu sceller ce que j’ai toujours pensé.

Leçon : l’énergie provient lors de profondes réflexions. C’est pourquoi Jésus avait développé cette habitude, « la méditation adoratrice solitaire » Fasc.160:1.10 (p.1774.2).

La vieille dame à la canne :

Plusieurs moments plus tard, marchant sous les rayons brûlants du soleil texan je vis, à l’ombre d’un arbre, une petite table et deux bancs vides où je pouvais enfin me reposer et essuyer la sueur perlant sur mon front. Au loin, je pouvais distinguer la silhouette d’une vieille dame avec une canne, se dirigeant, elle aussi, dans cette direction.

Après les présentations d’usages, Mme Suzan s’ouvrit à moi et me livra sur-le-champ sa plus grande difficulté ; cette personnalité avait de la difficulté à rester dans le moment présent. Vous savez cet instant où tout existe, où le temps et l’espace sont expulsés hors de notre pensée, là où tout se joue et là où tout est possible. Hé bien ! Suzan et moi y étions. Nous étions en relation et nous vivions. C`est là et en ce moment précis que vit et se trouve Dieu le Père. De personnalité à personnalité, nous avons partagé un moment de beauté, de vérité et de bonté.

Celle-ci, je peux facilement dire que ce fût une expérience spirituelle incroyable et unique, mais non une leçon !!!!

« As she passes by »

Telle était titrée l’atelier et animée par quatre femmes. Poussé par la curiosité, je suis entré dans la salle. Celle-ci était disposée différemment des autres. Les chaises avaient toutes été disposées d’une manière à former un grand cercle et quatre autres se trouvaient à l’intérieur de celui-ci.

Les quatre femmes ont pris place au centre et commencèrent une conversation, ou était-ce un échange ou un partage ??? Bonne question !!! Bizarrement, le tout semblait fonctionner parce que l’intensité de la salle montait et l’énergie était palpable. Je ne peux vous dire exactement le temps que tout cela a duré puisque j’ai moi-même perdu toute notion du temps lors de cet évènement.

Par la suite elles se sont intégrées dans notre grand cercle et laissé aller ce qu’elles venaient de mettre en place. Naturellement les femmes étaient dominantes en nombre lors de cet atelier. Plusieurs d’entre elles ont pris la parole. Hé-bien !!! Force est de constater que l’approche de la spiritualité par le genre féminin est bien différente de l’aspect masculin.

Je pris alors conscience que la société actuelle que l’on dit moderne est encore primitive sous certains aspects.

Observation : construite par l’homme et pour les hommes cette société.

J’avoue qu’ici la leçon, je ne l’ai pas tirée. La question reste sans réponse !! Mais chose certaine, il se passe bien quelque chose et le changement sera lent et progressif. Ce qui est cohérent, puisque cette dominance masculine s’étend sur des millénaires d’évolution.

Peut-être que le genre masculin, ne veut-il pas cela ?? L’homme a-t-il peur du changement et perdre son trône si confortable ??

Une certitude, par contre, j’ai trouvé « As she passes by » et la voici ; « Écouter et parler avec son cœur signifie écouter et parler pour comprendre et non pour trouver une réponse !!! » Voilà peut-être ici une de nos grandes différences. Qui sait ??

La dernière accolade : L’homme de 1967

Je suis maintenant sur le point de quitter le campus du « Trinity University ». Mes bagages sont déjà bien cordés à l’intérieur de la fourgonnette qui me ramènerait à l’aéroport afin de rentrer au bercail.

Bien entendu, je réservais mes dernières accolades à deux amis spéciaux à mes yeux. Vous savez celui qui m’a lancé l’invitation et celui avec lequel je me sens en sécurité. Mais ici il se produisit autre chose, ce campus n’était pas n’importe lequel. L’univers, parfois, réserve des surprises et elle vous sort un lapin de sa manche !!

Pendant que je foulais mes derniers pas sur le sol bouillant du Texas tout en ramenant en mon âme une expérience extraordinaire, l’homme de 1967 arriva en trombe en s’exclamant. « Before you leave I want to hug you !! »

?????? Oui, j’avoue que je fus assez stupéfait, car en fait, jamais nous nous étions croisés ou adressé la parole. Un parfait et total inconnu !!

« I’ve been seeing you pass by five or six times during the convention. I wanted to talk to you but I did not. So before you leave can I just hug you? » (Traduction : « Je t’ai vu passer cinq ou six fois pendant la convention. Je voulais te parler mais je ne l’ai pas fait. Avant que tu partes est-ce que je peux juste te faire l’accolade ? »)

« Yes, come to me !! » (« Oui, viens à moi !! ») Presque pas fini de le dire qu’il m’avait déjà pris dans ses bras en me serrant contre lui. Lorsqu’il eut relâché son étreinte, j’ai pu reprendre un peu mon souffle. Il semblait m’aimer très fort l’homme de 1967.

Après les poignées de mains d’usage et, disons plus conventionnelles entre deux parfaits étrangers, je lus sur le petit carton son nom, mais aussi l’année que cet homme avait débutée à lire la Cinquième Révélation d’époque. Il y était indiqué 1967.

J’étais stupéfait, car l’homme de 1967 a touché le Livre d’Urantia pour la première quand moi j’étais âgé de deux ans. Presque cinquante années.

Je me sentais vraiment comme un jeunot à ses côtés. Merci à lui, mais je reste intrigué de cette rencontre.

Leçon : Soyez digne et fier lorsque vous portez comme habits la lumière de Dieu, car vous ne pouvez vous douter qui vous observe !!