Le mot du président

Maurice Migneault
Président AUQ
urantiamaurice@gmail.com

Maintenant que notre grande aventure du congrès international est derrière nous, nous devons tenter de répondre aux questionnements qu’elle a suscités. De telles rencontres ne doivent pas seulement avoir lieu pour faire la fête, mais aussi pour faire le point.

De nombreux thèmes ont fait l’objet de discours, plénières et ateliers. De nombreuses pistes de réflexion ont été tracées, parmi elles, deux grandes questions n’ont toujours pas trouvé réponses: pourquoi le taux de participation des femmes dans le mouvement urantien est-il toujours aussi bas et pourquoi la participation des jeunes est-elle presque absente?

Voici une photo tirée de l’album de Lise et Pierre Routhier. On y voit une rencontre organisée par le GALLUQ (Groupe d’Action des Lecteurs du Livre d’Urantia du Québec) pour souligner le 2000e anniversaire de l’effusion de Micaël en 1994. On constate à peu près les mêmes proportions de catégories (homme 45, femme 30, enfant 3) que dans nos rencontres d’aujourd’hui. Même après 20 ans, la proportion est demeurée la même, mais le nombre de participants a diminué. Ce peut-il que nous ayons perdu la bonne formule ?

Si nous pouvions sonder les âmes dans nos sociétés, nous serions surpris de voir combien de pratiquants des églises traditionnelles carburent encore à la reconnaissance sociale et aux applaudissements. Dans les religions traditionnelles et surtout les sectes, le sentiment de reconnaissance sociale est exploité à plein régime. Nous n’avons pas à regarder très loin dans notre propre histoire, pensons seulement à l’achat des bancs d’église avec le nom du propriétaire inscrit. On faisait des dons anonymes, mais on s’assurait discrètement que les gens le sachent. On allait à la messe pour y être vu, etc.

Il y a une différence profonde entre l’identification culturelle à une Église et l’identification spirituelle à un enseignement. Les lecteurs du Livre d’Urantia n’ont pas, ou très peu, cette mentalité de reconnaissance. Ceux qui adhèrent aux enseignements le font pour leur croissance personnelle. Le seul cadeau financier que l’Association Urantia du Québec peut offrir à ses membres est un remboursement d’impôt pour dons. Oublions les exemptions de taxes foncières comme en profitent de nombreuses communautés religieuses.

Tout ceci pour dire qu’il ne faut pas voir la diminution ou, la non augmentation de notre « membership » comme un échec ou un déclin. Ce n’est pas parce qu’un lecteur n’est pas intéressé de faire partie de l’Association qu’il est indifférent aux enseignements du Livre d’Urantia. Certaines personnes sont allergiques aux structures des associations, et c’est leur droit. Il y a probablement au Québec bien des groupes d’étude qui fonctionnent de façon autonome depuis très longtemps. « Plus la civilisation deviendra complexe, plus l’art de vivre deviendra difficile. » (Rodan : 160:1.3; 1772.4)

Pour ce qui est de la présence des femmes…

Pourquoi la proportion des femmes qui participent aux activités urantiennes est-elle toujours moindre que celle des hommes ? À défaut de pouvoir demander aux Anciens des Jours pour une réponse claire, nous pouvons toujours faire des conjectures. Si ces activités étaient plus orientées vers le service que vers l’organisation structurelle, qui sait, peut-être qu’alors, cette proportion serait inversée. Mais la raison des choses est souvent complexe et notre tendance à simplifier peut nous éloigner de la solution. L’homme et la femme sont égaux en valeurs, non en attributs. C’est peut-être dans la reconnaissance de ces deux réalités qu’il y a déséquilibre. Se peut-il que notre organisation privilégie trop l’organisation ?

Pour ce qui est de la relève…Combien d’enfants dont les parents étaient lecteurs sont devenus eux-mêmes lecteurs à cause de l’environnement spiritualisé de leur enfance? Pas plus que les autres. Lorsque nous pensons à la relève, devons-nous penser seulement qu’aux enfants ou à la jeunesse? Un nouveau lecteur de 90 ans qui se joint à nous ne fait-il pas aussi partie de la relève. Il ne lui reste peut-être que quelques années à vivre, mais ce qu’il apporte peut avoir beaucoup plus de valeur que ce qu’apportera une jeunesse pleine d’énergie qu’on ne verra plus au bout d’un an. Jésus a demandé aux six premiers apôtres d’aller en choisir chacun un nouveau. Peut-être devrions-nous faire de même. Vous souvenez-vous de la passion qui vous habitait lorsque vous avez découvert le Livre d’Urantia et fait vôtres ses enseignements? Vous souvenez-vous de ce désir intense que vous aviez de partager votre découverte? La vraie relève se trouve peut-être dans l’entretien de cette flamme qui doit faire de nous une lumière permanente pour illuminer le monde et attirer les âmes perdues vers les magnifiques enseignements de notre créateur Micaël.

Le « Parlement des Religions du Monde »

Normand Laperle
Lévis

Du 15 au 19 octobre 2015, 10 000 personnes, de 80 pays, et de 50 religions différentes ont convergé vers Salt Lake City, dans l’état d’Utah aux États-Unis pour assister au Parlement des religions du monde, le plus grand événement mondial du genre à promouvoir le dialogue interreligieux.

J’y étais, mais je n’étais pas seul. Il y avait environ 50 lecteurs du « Livre d’Urantia« , dont environ 5 du Québec. Comme vous avez pu le lire dans l’article de Line St-Pierre dans ce Réflectivité, une journée entièrement a été dédiée pour entendre ce que les femmes avaient à dire sur les thèmes du Parlement. Bravo pour cette initiative. C’est un pas de plus dans la bonne direction.

Le but de cette rencontre interreligieux n’était pas d’aplanir les croyances entre les différentes religions, mais plutôt de dialoguer sur les problèmes qui affligent notre planète à l’heure actuelle.

Les thèmes choisis pour ce congrès sont : les inégalités économiques, les questions climatiques et environnementales, la guerre, la violence et les discours de haine.

Plusieurs personnes de marque, connues mondialement, se sont adressées aux participants, dont le Dallai Lama, le petit-fils de Gandhi, le fils de Nelson Mandala, Al Gore (ancien vice-président des États-Unis), l’Imam responsable de la grande mosquée de La Mecque, plusieurs journalistes et écrivains très connus dans leur pays respectif. Il y avait, en tout, environ 1800 présentateurs.

Je vous transcris ici les nombreux commentaires que les journalistes des journaux locaux de Salt Lake City ont recueillis auprès des participants à ce congrès. « Je sens qu’il y a un sentiment de solidarité intense qui flotte dans l’air »; « Le monde serait probablement différent sans les gens qu’on rencontre ici »; « Il y a deux mots clefs qui reviennent continuellement dans ce congrès : aider et partager »; « Il me semble qu’au moment de notre présence ici même, nous réalisons tous que nous ne formons qu’une seule humanité et que nous croyons tous en un seul Dieu »; « Non seulement nous nous rendons compte des bonnes choses de notre propre religion et notre façon d’adorer, mais nous voyons aussi comment les autres religions arrivent à faire la même chose »; « Il nous faut tous apprendre comment bâtir un pont entre chacun de nous, et de s’arranger pour que cette édification fonctionne correctement »; « Nous travaillons à devenir, lentement, les êtres humains dont nous avons été créés pour devenir » ; « Lorsque nous nous haïssons, ou que nous permettons à la haine de s’installer dans nos congrégations, nous ne faisons que renforcer l’idée, aux générations à venir, que la religion n’a aucune valeur. Il faut leur montrer que la religion à une valeur, que Dieux à de la valeur, et que les extrémistes qui agissent au nom de la religion ne sont pas guidés par la lumière mais plutôt aveuglés par cette même lumière. »; « Il faut faire attention à ce qu’il n’arrive pas, envers les musulmans, la même chose qui est arrivée, dans le passé, envers les juifs, les catholiques et d’autres minorités religieuses dans certains pays »; « Ce qui se passe actuellement sur notre planète en rapport avec les musulmans est non seulement une menace pour les musulmans, mais aussi pour d’autres religions »; « C’est agréable de nous voir partager nos différences et de voir en même temps que nous n’en faisons pas une pierre d’achoppement à nous rencontrer »; « Nous avons tous entendu parler de l’industrie de la haine. Il nous faut créer l’industrie de l’amour »; « Même si chacun a des croyances différentes, l’amour à l’intérieur est le même pour tous. »

Mot de la fin

Le « Livre d’Urantia » nous dit : « L’évolution est peut-être lente, mais elle est infailliblement efficace. » (86, 7, 6; 957, 2). Avec un peu de recul, en regardant tous ce qu’il se passe sur notre planète, on arrive à voir la progression de l’humanité dans le temps et même à voir dans cette progression une beauté.

À une époque pas très lointaine, il était très mal vu, même ici dans notre petit coin du monde, de s’assoir avec des gens d’une autre religion et d’engager un dialogue pour s’informer de leurs traditions et de développer une relation personnelle qui transcenderait nos barrières religieuses. Aujourd’hui, dans certaines parties du monde, ce type de rencontre est encore interdit. Ce Parlement prouve qu’un changement est en court. On peut y voir la pointe de l’iceberg qui avance.

Individuellement, que pouvons-nous faire pour contribuer à cette progression ? Durant mon assistance à une chorale du « Mormon Tabernacle Chior » (Chorale mormon, de réputation mondiale), il m’est venu l’analogie suivante : « Dans une chorale, la voix d’une seule personne a moins de portée que lorsque cette même voix est jointe à celle de la chorale tout entière. Sa portée devient ainsi autrement plus puissante. » Le « Livre d’Urantia » nous incite fortement à s’unir pour travailler les uns avec les autres (pas contre les autres). « L’une des plus importantes leçons à apprendre pendant votre carrière mortelle est celle du travail en équipe. » (28:5.14; p.312:1)

Ce qu’on appelle « le royaume », ce n’est pas un endroit, c’est une communauté de gens (d’âmes) engagés dans une même direction — Dieu (origine, source et centre de tout ce qui existe). Cette mouvance, ce mouvement de la « personne », le fait d’aller dans cette direction-là, c’est ça de la spiritualité — pure. Autrement dit, nous répondons tous, naturellement, à l’attraction de la « gravité spirituelle » du Fils éternel. Et l’Ajusteur intérieur pousse dans la même direction. C’est sur cette base que je vois s’accomplir l’union de toute l’humanité sur la terre.

Nous ne pouvons avancer seul dans l’univers. À partir de ce constat évident, il n’y a qu’un pas de plus à faire pour arriver à l’amour. Servir — c’est aimer.

L’Assemblée des femmes une expérience enrichissante et inoubliable

Line St-Pierre
Ste-Sophie

D’assister au Parlement des religions du monde à Salt Lake City dans l’état du Utah aux États-Unis, en octobre dernier, est passé du rêve à la réalité. Cet évènement a réuni près de 10 000 participants de 73 pays, 30 religions principales, 548 traditions spirituelles afin de partager, d’apprendre, de connecter les uns avec les autres et de célébrer la vie. Plus de 65% des inscriptions étaient des femmes et des jeunes de moins de 30 ans. La diversité mondiale était au rendez-vous et le temps nous manquait pour profiter de tout et de tous !

La structuration pour ces cinq jours de congrès combinait la programmation de 1000 ateliers et spectacles avec ses 1800 présentateurs dans un cahier de 371 pages tout en couleur. Mon choix fut assez rapidement orienté vers ce qui traitait des femmes, de leur mobilisation au niveau de la spiritualité et de la religion.

Quel bonheur de constater que l’avant-première du congrès Reconquérir le cœur de notre humanité était spécialement consacré à l’importance de la contribution des femmes de notre époque. Cette journée du 15 octobre 2015 marque un moment historique dans l’évènement du Parlement des religions du monde lors de « l’Assemblée inaugurale des femmes » où plus de 3000 personnes se sont rassemblées dans une salle comble, dont quelques centaines d’hommes.

Quelle inspiration de voir et d’entendre ce panel interconfessionnel réunissant 15 femmes activistes sincères, courageuses, sages, spirituelles et orientées dans le service aux autres, des femmes leaders grand-mères, mères, filles et sœurs qui ont partagé leur expérience, leurs connaissances, leur passion et leur vison de la façon de faire de ce monde un endroit meilleur. Leur amour, leur respect et leur responsabilisation nous ont donné espoir à Reconquérir le cœur de notre humanité, thème du congrès.

Leur amour, leur respect, leur force et puissance intérieure ont donné espoir et ont dépeint les possibilités réelles de Reconquérir le cœur de notre humanité. Beaucoup de présentatrices ont fait ressortir l’urgence d’une vision claire de ce qui doit arriver dans le foyer humain, afin que le corps de l’humanité guérisse. Elles ont exhorté les femmes à écouter et à parler avec leur cœur, avec discernement au lieu du jugement; de faire confiance à leur voix intérieure et leur intuition; elles ont chargé les femmes à être les porteuses de lumière et d’amour et de s’approprier des attributs de Dieu; elles ont demandé aux femmes de former des cercles avec un centre spirituel sacré, d’être des militantes de l’intérieur et en tant que femmes d’Esprit et de foi, de faire respecter et d’édifier toutes les femmes.

Tout au long de la première journée du congrès il y avait une compréhension de plus en plus grande, un sentiment d’urgence ressenti dans la nécessité de regagner notre dignité, notre importance et notre valeur en tant que femmes, mères-enseignantes. Le Livre d’Urantia nous rappelle si bien que la femme est le porte-flambeau de la moralité et de la spiritualité.

En observant l’attitude derrière la diversité de religions présentes là basse, j’y ai vu la croyance, l’amour, la recherche d’un même but, un but plus élevé, divin, qui est notre Créateur, Père ou Mère Dieu. Lors d’ateliers, j’ai participé dans des cercles de femmes, se reliant au niveau du cœur à travers des rituels, des prières, des réflexions et se soutenant mutuellement avec compassion où étaient déposées des semences d’amour et où nous pouvions faire l’expérience d’une meilleure compréhension de nos expressions bien personnelles.

Ce qui résonnera longtemps en moi est le souvenir d’histoires partagées par beaucoup de femmes spirituelles comme : « Ma religion ? C’est la présence et le souffle de notre source divine – l’amour, l’amour inconditionnel. » (Dre Rangumarie Turuki Arikirangi Rose Pere)

« L’amour révolutionnaire est l’appel d’aujourd’hui, pardonner ce n’est pas oublier, pardonner c’est se libérer de la haine. » (Valerie Kaur)

« Soyez étudiants de l’un et de l’autre, et des enseignants de l’un et de l’autre. Les mères sont les éducatrices du monde. » (Grand-mère indigène)

« C’est l’espoir qui nous fait amorcer les choses, mais c’est avec la foi qu’on les termine. » (Bishop Barbara King)

« La croyance est telle que nous pouvons créer ce que nous voulons. » (Mallika Chopra)

« Il est très important d’enseigner à nos enfants à prendre la responsabilité de leur vie, d’en saisir le but et son pouvoir et d’écrire les préjudices de notre société. » (Ilyasah Shabazz)

« L’idée que les femmes changent le monde est une possibilité très réelle. Nous sommes la solution, si nous pouvions voir la beauté, la force et la capacité chez les femmes. » (Jean Shinoda Bolen)

« Bienvenue à la révolution de l’amour et brillons avec le divin. » (Diana Butler Bass)

« Quand vous donnez accès à l’éducation aux femmes, elles deviennent passionnées et libres penseuses. Elles élèvent des enfants passionnés et libres penseurs qui grandissent et deviennent des adultes passionnés et libres penseurs, difficiles à manipuler et impossibles à contrôler ! » (Marianne Williamson)

Ces femmes passionnées, croyant en l’humanité, en la vie, en un créateur et à l’amélioration du monde se fera avec la participation de chacun de nous, la partie faisant partie du tout.

L’Assemblée des femmes fut une journée remplie de rires et de larmes alors que nous étions à Reconquérir le cœur de notre humanité avec tous ces témoignages et partages. Gratitude est le mot pour décrire ce rassemblement !

Comme étudiante du Livre d’Urantia et de ses enseignements, l’opportunité de vivre cette expérience avec la foule interreligieuse me rend davantage plus tolérante et sensible à leurs rites et croyances. Il y a de nombreuses routes qui mènent à Dieu et je suis reconnaissante de cet immense cadeau qu’est Le Livre d’Urantia, de connaitre notre histoire et notre destinée avec la perspective cosmique qui nous attend, et ainsi nous libérant des dogmes et des traditions. « La religion est le geste suprême de l’homme magnifiquement tendu vers la réalité finale, sa détermination de trouver Dieu et d’être semblable à lui. » (196 :3.30; 2096.6)